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extraits d’ombre en lumière

20 juillet 2012

Avril était nos jours blancs : la lumière froide y perçait jusqu’à nous et transperçait durement nos rétines. Les ombres y étaient plus tranchées, en contrastes d’un blanc d’un éblouissant insupportable qui aplatissait les envies et exacerbait l’ennui. C’était une excuse parmi d’autres pour éviter les heures et sombrer dans la nuit : les couleurs y reprenaient forme, nous étions enveloppés de jaune et d’ocres virant au sépia. Les yeux grands ouverts, nous vivions, enfin, en attendant la fin du gel et l’allongement des jours.

 

Amandine est assise sur son lit, recroquevillée entre ses draps blancs mouillés de sueur, le corps en crampe. Elle ne bouge pas alors que le ciel tangue, vire du violet au noir et vibre de flashes insoutenables en écho du tonnerre. Tout à coup, sa chambre est immense et la maison si petite. La pluie résonne avec rage et ne s’apaise qu’au son de sa mère montant les escaliers. Avec elle, une lumière plus douce s’anime, tandis qu’elle s’assoie à côté d’Amandine et lui offre une tasse de lait chaud. Amandine boit et se détend. Ses draps sont changés, la lumière reste allumée et sa mère à côté d’elle.

 

L’air tremblait. La lumière polluée filtrait avec difficulté, se glissant péniblement le long des murs défraichis des immeubles. Accrochée tant bien que mal à son volant, Audrey peinait à garder la route. Il y avait quelque chose de tristement comique à la regarder s’évertuer à poursuivre son cap, comme si la possibilité  qu’elle atteigne sa destination  un jour pouvait exister, comme si elle pouvait s’affranchir de ses propres cercles dont elle arpentait les labyrinthes en constance.

 

Sa main timide s’avance. Elle crève l’ombre et sort vers la lumière. Peau blanche, doigts légers. Une grâce quasi bénie appelant aux larmes. La salle entière s’unit en un regard, un seul, tandis que son archet vibre les cordes et appelle au sens, le son au vent, la mémoire en frisson de ces sentiments enfouis qui revivent d’intensité. Il fallait beaucoup d’obscurité pour que cet éblouissement soit.

 

On ne voit de son visage que ce que l’ombre veut bien nous révéler. Posé sur l’oreiller, las mais souriant… La vie effleure à peine les courbes dessinées, ses pommettes hautes, sa bouche fine, ses sourcils qui pourraient s’envoler.

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