Archive for février 2015

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« Encre » sur Kindle

28 février 2015

C’est un petit pas de franchi, à défaut de papier un écran…
Ma nouvelle « Encre » est sur Kindle. elle est née il y a 12 ans et vous attend.

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sourire avant l’envol

10 février 2015

Par la fenêtre, un souhait voilant à peine le feu du jour naissant. Un vent en appel, une envie de pieds nus sur l’herbe fraîche et mouillée, de pas légers en danse vers l’insouciance et vers la mer mystérieuse et envoutante encombrant les rochers.

Dehors est là. Il suffit de tendre la main, de se lever et d’avancer. D’ouvrir les portes, de franchir la distance devant soi.

Ailleurs est à suivre où les yeux se portent, la raison l’emporte, le cœur s’envole.

Elle songe à Grain d’Aile… un sourire les yeux fermés, une inspiration aux odeurs de l ‘enfance.

Tout ira bien.

Les étourdissements sont loin, ses pieds sont ancrés, la suite est si incertaine et pourtant résonne en elle un mantra en anglais « trust the universe ». Les mains ouvertes, l’âme en résonnance, les sens en alerte, prête à tout mais pas à n’importe quoi, le deuil des impossibles assumé, elle s’élance avec précaution, elle s’abandonne par choix, elle ose et part affronter les flots, son embarcation préparée, ses vivres stockés, enveloppée d’un gilet de sauvetage, les yeux sur sa boussole et sur un brin de laine marquant la voile et témoin des bourrasques en approche, les yeux brûlés à guetter les risées, les mains résolues à tenir le bout, les doigts agiles venant à bouts des détails de l’accastillage, tout cela en une seconde, Grain d’Aile posée sur le gréement pour aider à la manœuvre, quel doux rêve, quelle belle parenthèse à faire soi, la mer et le vent et d’autres pas et d‘autres mains à côté d’elle, ne pas être seule à tendre vers la lumière, rejoindre un regard vers l’avant, ouvrir les yeux par delà la fenêtre et regarder l’ailleurs dehors en attente.

Une brise inaudible joue contre un battant de porte. Un soupir penche son corps. Aujourd’hui, le passé ne la retiendra pas. L’été résonne par delà le vent dans la fenêtre qui se faufile entre les voiles pour se perdre sur les murs. Les fleurs bruissent en murmures. Doucement.

Dans son cœur s’égrainent des notes sombres et lentes cherchant la lumière. Elle s’inquiète de leur résonance faisant jusqu’à vibrer son âme, et du silence ensuite conduisant jusqu’aux larmes. Dans ses yeux, des gouttes de pluies et l’espoir d’un vent soudain, qui grâce à ses bourrasques ramènerait le calme. Dans ses mains le vide des armes, de l’attente et du rien.

Il serait plus facile de rester la porte fermée, de décider de rester prostrée sur une existence simple et dénudée de sens. Vivre, réellement, intensément, c’est difficile. La vie est un long chemin vers soi. Certains se trouvent plus vite que d’autres, ils peuvent ainsi avancer vers nous et nous tendre la main dans notre progression balbutiante. Lentement, au fil des jours, des choix se font, des chemins se forment, jusqu’à ce qu’on soit prêt, jusqu’à ce qu’il soit temps.

Il est temps.

Demain sera un matin rouge en réveil serein. Demain sera fou et alignera des messages d’amour. Demain Belou saura, peut-être, ou décidera, en tout cas elle sera.

Il suffit qu’un regard bienveillant se porte sur nous et nous donne existence pour que tout prenne sens.  Pour que l’on ose ailleurs.

 

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Sous la lumière de l’ombre

1 février 2015

C’est un soir parmi d’autres.

Dans la routine des jours, elle a oublié.

Dans l’absence. L’inexistence d’une présence.

Assise, les mains à plat sur la table cirée en bois sombre. La nuit percée par la lampe au-dessus d’elle qui ne suffit pas à éclairer toute la pièce.

Elle respire.

Les yeux fermés, tendue vers le vide, un sourire.

Entre l’avenir et elle, un ravin. Elle s’est posée à la limite, regardant de l’autre côté, sans savoir encore quand exactement ni comment elle atteindra l’autre bord.

En face, un champ de fleurs possibles, la mer chargée de vents, une fenêtre ouverte sur un jardin en friche, des vêtements épars sur le sol, les rires des enfants portés par la brise, du linge sur un fil derrière la maison, l’odeur du romarin se dégageant du four ronronnant à l’aube de repas animés.

Elle inspire, bloque, expire en ouvrant les yeux sur la solitude de sa cuisine.

Le silence l’accompagne en sortie de rêverie.

Il fait un peu froid, dans cette nuit à l’ombre compromise par la lune pleine surplombant quelques nuages qui n’oseraient la cacher. Dehors, rien ne bouge. L’immobilité des choses n’est troublée que par quelques résonnances, une voiture en retard, un grincement de porte, quelques chats entrechoquant des poubelles.

La solitude est une présence familière et, singulièrement, elle ne se sent jamais seule. Une âme bat, non loin d’ici et pourtant en arrachement de distance. Un cœur, une âme, un regard.

Des cœurs, des âmes, des regards.

Sa vie est pleine.

Ils sont là.

Elle ne sait pourquoi. D’autres âmes se sont attachées à elle. Des amitiés inattendues, des partages en dons désintéressés, des lumières qui se trouvent et se renforcent. Elle se sent humble et bénie, malgré sa laïcité elle ne trouve pas d’autre terme, elle sent une force bienveillante veillant sur elle, elle pense à toutes les femmes dont elle descend et les imagine unies et bienveillantes, penchée sur la terre et veillant sur les leurs. Elle envisage la vie au féminin malgré toutes les indignités dont ses sœurs saignent et meurent.

Le temps passe. La table est encore là, la cuisine autour d’elle survivant à la lumière vacillante, puis au-delà un couloir donnant sur un salon, une entrée, deux chambres et un bureau et une salle de bain, enfin. Son appartement est en enfilade, en élongation étroite et alambiquée et pourtant, elle l’aime.

Elle pourrait rester longtemps, ainsi, immobile et voyageant de par ses songes, bravant la fatigue et les réalités à venir. Aujourd’hui est une bulle de savon, aujourd’hui, on peut encore éviter de penser à hier et reporter le réveil des choses à demain.

Les choses à venir ne s’effacent pas, elles attendent patiemment, il est dans l’ordre établi qu’elles existent un jour et elles le savent et plutôt que de caracoler, elles trouvent leur portion d’ombre constante jusqu’à ce que la lumière soit.

Les mains, à plat sur le bois de la table, les pieds au bords de l’abime, le cœur en résonnance d’un univers ressentis et non appréhendé, elle n’est armée que de sa lumière, de sa certitude de l’à venir, des joies et des larmes souhaitées et attendues…

Jeune, elle s’était dit jamais moi, jamais ces cernes, ces compromis, jamais cette tristesse voilant la joie du jour, elle s’était jurée d’être aveugle plutôt que de pleurer. Aujourd’hui, elle sait, que les larmes peuvent jaillir du bonheur indicible de l’invisible silence d’une lumière si douce et intense, d’une certitude si entière et indiscutable, d’une ancre lancée dans un port permettant de se poser, une heure, un jour, une éternité, c’est à elle de voir.

Aujourd’hui, elle sait.

Il n’est jamais trop tard. Tant qu’un cœur bat. Tout est possible.