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Un souffle entre deux

20 mars 2013

Ses yeux plongent en vertige de sommeil.
Assise sur le palier en bois blanchi de poussière, les jambes libres oscillant dans le vide, les cuisses coincées contre les barres en fer froid torsadant vers le bas. En leur sommet, du bois encore, autrefois triomphant de vernis brillant et aujourd’hui pâli et sans âge.
Elle est seule de silences et d’envies. Derrière elle la fenêtre embuée de pluie, qui laisse entrevoir la fin d’une nuit alors qu’une lumière grise ose à peine le jour. Quelque part dans l’immeuble, un volet claque, doucement.
Un soupir penche son corps, ses mains entourent les bras en fer, sa tête se cale entre deux barreaux. La route vers le bas s’enroule, les marches s’additionnent et se confondent en désordre.
Le monde dort encore, et elle, seule, veille. Peau contre métal, le corps recouvert d’une simple robe en coton chiffonnée de la veille. Sur le palier, entre-deux, elle attend.

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One comment

  1. […] brise inaudible joue contre un battant de porte. Un soupir penche son corps. Aujourd’hui, le passé ne la retiendra pas. L’été résonne par delà le vent dans la fenêtre […]



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