Archive for mai 2015

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I have switched to the other side: it’s peaceful there

11 mai 2015

In the land of remembrance, there’s a song whispering in my ear. In the forgotten memories, there’s light, love, loss, tears, there’s life.

There’s a taste of bitter, sweet… today I know all the answers to yesterday’s angst, today I know to let go of the past and to look forward to the best from the future, yet all the while knowing that the worst may still come.

Let it be. I will survive.

Today there are regrets of things undone, of things unlived, today I can say that I should have ran, I should have escaladed barriers and jumped over cliffs. I still can, it’s not too late. Today I can look forward to tomorrow.

Today I know that there’s a true meaning to clichés, they didn’t create themselves out of thin air in someone’s overflowing’s imagination, clichés have their reasons to be and yes, we only have one life, so, what are you going to do with yours ?

There’s no point in looking back except for strength, in order to find the serenity to accept what cannot be changed, the courage to change what can be changed, and the wisdom to know the one from the other. We need to climb our own mountains; we have to tear down our private walls, and we shall overcome if we believe in ourselves.

 

We truly and always have held all the answers within ourselves.

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Thé en madeleine de Proust

4 mai 2015

ThéièreElle aime se fondre en contemplation à l’intérieur de sa théière. A force d’y oublier son Earl Grey, une patine ambrée s’y est déposée qu’aucun traitement au vinaigre ne saurait effacer, un doré de Rhum paille ou de Cognac, strié des rayures de la cuillère à thé et dont les irrégularités font penser à une carte au trésor, une carte de vie enfermée dans une théière en étain bosselé, héritage cadeau de mariage, à l’esthétique des années sixties, choisi au Printemps par une sorte de rébellion conservatrice et puisqu’il fallait dire oui au métal, à défaut de Cambronne elle a dit non aux modèles Sheffield. Elle était jeune. Elle avait le temps de lutter.

Les années épuisent ses propres paradoxes. Elle signe enfin un pacte de non agression envers elle-même, son pathos, ses névroses et ses ancêtres. Reproduisant absentément les gestes de ses aïeules, et après s’être tant cramponnée aux symboles — les siens et ceux des autres — elle choisi l’essentiel, laisse glisser ce qu’elle ne peut changer, se dépouille de ses contradictions et de ses angoisses. Elle lâche le spleen et largue les amarres pour voguer à la rencontre de ce qui est.

Chauffer l’eau, la théière, préparer les tasses et attendre. Verser, attendre encore. Fermer les yeux et humer le passé de l’enfance, le rappel rassurant de l’immuable, en quiétude de l’impuissance : lorsqu’on sait qu’on ne peut rien, qu’on accepte sa limite, alors les doutes disparaissent, alors l’adversité se soumet à vous.

Les marques cuivrées ne sortent de l’obscurité que lorsqu’elle s’y penche, qu’elle bascule vers la lumière et laisse la lumière inonder l’ombre. En ressortent ces dessins énigmatiques qui pourraient être des cicatrices, des histoires enfouies aussi belles que nostalgiques, encore parfois humides de larmes invisibles qu’elle refuse autant que les femmes avant elle de laisser couler. Ses racines plongent profondément dans les entrailles d’une terre compacte, d’une humanité sacrifiée « au service de » tout ce qui n’est pas elle. Elle a tracé une voie sur la carte, sans boussole, bousculée par des vents contraires, elle s’est arque-boutée à contre courant jusqu’à atteindre son île salvatrice.

Une part d’elle est un corps terrassé et l’autre est une enfant blonde sur une plage en méditerranée. Elle est ici et ailleurs, elle est tout.

Ξανθούλα χορός μεταξύ των κυμάτων