Archive for the ‘écriture’ Category

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I have walked the shores

23 juillet 2016


I have walked the shore and the fields, my feet bathing cold salty water, the wind flying through my fingers and my hands, flowers playing against the odds and the sheep.

I have felt the rain landing on my face, its cold drops reminding me that I were alive. I have turned my face towards the sun, welcoming its warmth and it’s light, letting it seep through my pores and into my soul.
I have sat in silence with an old friend, comfortable with the said and the unsaid.
I have joined my kindreds, a sisterhood of blood and heart, of past, present and future.

Together, we laughed, we talked, we cried, we let the unsaid be heard and shouted I love you.
I have realized how precious these moments are, how privileged I am to be loved by such fine souls.
I will walk the earth again, I will fly over the sea and travel the world. I will marvel and rejoice, I will despair and hurt, but most of all, I will be happier and stronger. There is hope, descending in the peaceful afterwards

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I mean you no harm

19 juillet 2016

I mean you no harm

As I walk the path

As I find my way

 

I mean you no harm

As I look back

And see others

Breathe where I exhaled

 

I mean you no harm

As I try, as I stumble,

As I preserve my light.

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Réveil

6 juin 2016

Les saisons se sont tues, les nuits effacées, les jours si longs et indissociables, 32 mois qui ressemblent à 32 heures et forment un tout en grisaille d’ennui et souffrance.

Irradiée, vidée, elle a lutté pour l’essentiel qui n’était pas elle.

Il a suffit d’un homme, il suffit de si peu pour se fondre en sa mort, pour retrouver sa vie, on ne sait jamais, les traces qu’on laisse derrière soi, les marques de lumière offertes et les cicatrices infligées d’ombres … on ne sait rien, on ne connaît que celles que l’on reçoit, que l’on subit.

Un homme pour mourir et un autre pour renaître. Et un autre, entre, qui n’aura rien vu, ce témoin dont on se défait pour avancer, l’aveugle dont on se dépouille et qu’on quitte pour fuir le premier et enfin rejoindre le second.

Jours après jours après jours après jours après jours après jours après jours après jours après jours après jours déjouer les tours, quitter le jeu, jours après jours se lever et s’apprêter, franchir la distance, sortir son badge, pousser les portes et les limites, allumer son ordinateur et foncer vers l’enfer, seule, les larmes invisibles accrochée en vertige à la photocopieuses, les pleurs silencieux enfermée dans les toilettes, sanglots et cris inaudibles, poing serrés, tête baissée, ongles en chair et il faut tenir, jours après jours, la boite mail qu’on appréhende en empilement de haine subtile et enrobée de sucre, jours après jours, les mots acérés qui tombent en flèches à trancher l’âme, jours après jours tenir en résilience et ignorer pourquoi, enfouir sa tristesse pour n’offrir que lumière aux siens, lutter pour l’essentiel qui n’est pas elle mais qui vient d’elle, aimer ses enfants et leur donner la part ténue qui brille encore en elle. Jours après jours se dire que ce n’est pas possible, qu’il faut survivre et accepter le prix de son indépendance, perdre ses propres batailles et accepter de se voir disparaître, accepter de voir son encre s’effacer, la joie d’écrire, de créer et de donner vie aux songes, se résigner à perdre le bonheur simple de renverser son visage en accueil du vent, de la pluie, du soleil, cet apaisement simple qu’on trouve à exister, se forcer à rire pour ne pas oublier les cascades et les chants possibles, jours après jours accepter de mourir.

Jours après jours laisser un autre décider pour soi. Constater que ses mots lui ont été volés, qu’elle est muette d’infantilisation, qu’elle s’éteint et doit subir et attendre car elle n’a su se créer d’autre voie. Mois après mois compter, additionner les possibilités d’indépendance, et enfin, s’affranchir.

Se demander s’il n’est pas trop tard, dans ce monde gris où même le plus pur des blancs est éblouissance… Oser les miracles et miser sur la vie… elle lance ses dés et défie les ombres, elle décide. Elle ose dire « Je ».

Désormais : plus jamais.

Petit à petit, réapprendre à marcher et à penser, irradié, vidée, après avoir fuit l’un et quitté l’autre, parfois en désespoir de jamais se retrouver, petit à petit accepter qu’on puisse l’aimer, l’accompagner, accepter que des bras se tendent pour la rattraper, se fondre dans des yeux verts et respirer, enfin. A retrouver la couleur et le sens des choses, elle se fond dans la chaleur si douce de l’arrière du cou de ses enfants, juste en dessous de la nuque, là où ils sentent encore l’innocence de leur enfance, l’insouciance des anges qui se savent aimés no matter what.

Elle tend la main, qu’il soit à ses côtés ou pas, car à travers le temps elle le sait près d’elle, tout de suite et tout le temps. Il n’y a rien de raisonnable, d’explicable à la reconnaissance aussi parfaite de deux âmes qui se seront sauvées l’une l’autre, et qui en se donnant tout auront tout reçu.

Il reste tant à parcourir. Dans le désert une pluie timide ose rêver de bourrasques et quelques poussent se laissent fleurir. Il aura fallu 12 mois aux 32 pour que l’encre s’appaise et revienne à elle.

Elle est debout, ancrée au sol et face aux vents, devant elle s’étirent les chemins et les espoirs possibles. Elle est en puissance d’elle-même, elle est aimée et elle aime.

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After the long morrow

16 novembre 2015

The days have gone by one by one, faded dawns replacing it’s preceding sisters, each morrow so long and sad, a tern succession of blurred obligations fulfilled in a dizzy automated stance, any excuse being good enough, fears chasing time, filling every hour with noise because in stillness were thoughts, the cold harsh reality of things that are.

Because the dark had gone and light was too violent, because I needed the protections of shadows, of compromise, because I wasn’t strong enough to face today, because there is always the promise of the day after tomorrow.

And so, here we are.
What I did not know of your games, I could guess.
I know all your changing stories, all your conflicting truths, the cold calculation of your smile paired with your eyes lacking warmth, the deliberate choices that brought us where we were, where we are. I have fought the winds of flux, the unease of wanting to avoid the inevitable, I so desperately wanted to think that something redeemable lies dormant in everyone.
Isn’t everything about waking up.

There is no sadness, no pity, I do not hurt. I will not miss you.
It took a while before the curtain lifted high enough, before the light around me had so grown that I could not remain blind any longer. Even then… I was in no hurry to confront the chess game I knew existed beneath my feet, the arena at the center of which you had made me piece of.

Why doesn’t matter. I knew.

Because I didn’t want to see for so long, I enabled the slow  and inevitable erosion of my will, because I let it go once, then twice and thrice, because I didn’t take a stand, I locked myself in a pattern.

There is nothing in what you did to me that I didn’t let you do.

Until I was in tomorrow and the day after, until things could be no more. Until I let you go.
I thought the fire had gone, too, I felt so cold, I thought I would need to climb mountains to find myself again… I had lost faith in the sparkle that will always dance in my heart, in the love that my kindreds will always give to me unconditionally. In the gardians that look over my shoulder and protect me in the strangest of ways.

I am loved and I have worth, I didn’t need to manipulate or walk on anyone to get where I am: I do not have anything to prove, my path is walked on my own terms and today, I get to decide where I want to go, and who I will go there with.

Good bye you, all of you, my dark shadows, my drains, you who held power over me and missused it knowingly, you who thought you could make me into something I’m not.

I am me, I am free, and I’m definitely enjoying the ride.

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Thé en madeleine de Proust

4 mai 2015

ThéièreElle aime se fondre en contemplation à l’intérieur de sa théière. A force d’y oublier son Earl Grey, une patine ambrée s’y est déposée qu’aucun traitement au vinaigre ne saurait effacer, un doré de Rhum paille ou de Cognac, strié des rayures de la cuillère à thé et dont les irrégularités font penser à une carte au trésor, une carte de vie enfermée dans une théière en étain bosselé, héritage cadeau de mariage, à l’esthétique des années sixties, choisi au Printemps par une sorte de rébellion conservatrice et puisqu’il fallait dire oui au métal, à défaut de Cambronne elle a dit non aux modèles Sheffield. Elle était jeune. Elle avait le temps de lutter.

Les années épuisent ses propres paradoxes. Elle signe enfin un pacte de non agression envers elle-même, son pathos, ses névroses et ses ancêtres. Reproduisant absentément les gestes de ses aïeules, et après s’être tant cramponnée aux symboles — les siens et ceux des autres — elle choisi l’essentiel, laisse glisser ce qu’elle ne peut changer, se dépouille de ses contradictions et de ses angoisses. Elle lâche le spleen et largue les amarres pour voguer à la rencontre de ce qui est.

Chauffer l’eau, la théière, préparer les tasses et attendre. Verser, attendre encore. Fermer les yeux et humer le passé de l’enfance, le rappel rassurant de l’immuable, en quiétude de l’impuissance : lorsqu’on sait qu’on ne peut rien, qu’on accepte sa limite, alors les doutes disparaissent, alors l’adversité se soumet à vous.

Les marques cuivrées ne sortent de l’obscurité que lorsqu’elle s’y penche, qu’elle bascule vers la lumière et laisse la lumière inonder l’ombre. En ressortent ces dessins énigmatiques qui pourraient être des cicatrices, des histoires enfouies aussi belles que nostalgiques, encore parfois humides de larmes invisibles qu’elle refuse autant que les femmes avant elle de laisser couler. Ses racines plongent profondément dans les entrailles d’une terre compacte, d’une humanité sacrifiée « au service de » tout ce qui n’est pas elle. Elle a tracé une voie sur la carte, sans boussole, bousculée par des vents contraires, elle s’est arque-boutée à contre courant jusqu’à atteindre son île salvatrice.

Une part d’elle est un corps terrassé et l’autre est une enfant blonde sur une plage en méditerranée. Elle est ici et ailleurs, elle est tout.

Ξανθούλα χορός μεταξύ των κυμάτων

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« Encre » sur Kindle

28 février 2015

C’est un petit pas de franchi, à défaut de papier un écran…
Ma nouvelle « Encre » est sur Kindle. elle est née il y a 12 ans et vous attend.

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sourire avant l’envol

10 février 2015

Par la fenêtre, un souhait voilant à peine le feu du jour naissant. Un vent en appel, une envie de pieds nus sur l’herbe fraîche et mouillée, de pas légers en danse vers l’insouciance et vers la mer mystérieuse et envoutante encombrant les rochers.

Dehors est là. Il suffit de tendre la main, de se lever et d’avancer. D’ouvrir les portes, de franchir la distance devant soi.

Ailleurs est à suivre où les yeux se portent, la raison l’emporte, le cœur s’envole.

Elle songe à Grain d’Aile… un sourire les yeux fermés, une inspiration aux odeurs de l ‘enfance.

Tout ira bien.

Les étourdissements sont loin, ses pieds sont ancrés, la suite est si incertaine et pourtant résonne en elle un mantra en anglais « trust the universe ». Les mains ouvertes, l’âme en résonnance, les sens en alerte, prête à tout mais pas à n’importe quoi, le deuil des impossibles assumé, elle s’élance avec précaution, elle s’abandonne par choix, elle ose et part affronter les flots, son embarcation préparée, ses vivres stockés, enveloppée d’un gilet de sauvetage, les yeux sur sa boussole et sur un brin de laine marquant la voile et témoin des bourrasques en approche, les yeux brûlés à guetter les risées, les mains résolues à tenir le bout, les doigts agiles venant à bouts des détails de l’accastillage, tout cela en une seconde, Grain d’Aile posée sur le gréement pour aider à la manœuvre, quel doux rêve, quelle belle parenthèse à faire soi, la mer et le vent et d’autres pas et d‘autres mains à côté d’elle, ne pas être seule à tendre vers la lumière, rejoindre un regard vers l’avant, ouvrir les yeux par delà la fenêtre et regarder l’ailleurs dehors en attente.

Une brise inaudible joue contre un battant de porte. Un soupir penche son corps. Aujourd’hui, le passé ne la retiendra pas. L’été résonne par delà le vent dans la fenêtre qui se faufile entre les voiles pour se perdre sur les murs. Les fleurs bruissent en murmures. Doucement.

Dans son cœur s’égrainent des notes sombres et lentes cherchant la lumière. Elle s’inquiète de leur résonance faisant jusqu’à vibrer son âme, et du silence ensuite conduisant jusqu’aux larmes. Dans ses yeux, des gouttes de pluies et l’espoir d’un vent soudain, qui grâce à ses bourrasques ramènerait le calme. Dans ses mains le vide des armes, de l’attente et du rien.

Il serait plus facile de rester la porte fermée, de décider de rester prostrée sur une existence simple et dénudée de sens. Vivre, réellement, intensément, c’est difficile. La vie est un long chemin vers soi. Certains se trouvent plus vite que d’autres, ils peuvent ainsi avancer vers nous et nous tendre la main dans notre progression balbutiante. Lentement, au fil des jours, des choix se font, des chemins se forment, jusqu’à ce qu’on soit prêt, jusqu’à ce qu’il soit temps.

Il est temps.

Demain sera un matin rouge en réveil serein. Demain sera fou et alignera des messages d’amour. Demain Belou saura, peut-être, ou décidera, en tout cas elle sera.

Il suffit qu’un regard bienveillant se porte sur nous et nous donne existence pour que tout prenne sens.  Pour que l’on ose ailleurs.