Archive for the ‘description’ Category

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Compass

8 octobre 2019

I had sworn we never would, but here we are, back in the same space together, trapped. Together and apart, breathing in in spite of ourselves, tied to the same fate like cursed Siamese, pulling in and away. Here I am, here you are, saving face, reluctantly running and standing still.

As long as your work is unfinished, as long as pathos gets in the way, your steps are retracing themselves in a repetitive and inescapable circle.

All I can is to watch you, I stand at the center like the point of a compass, only instead of pointing the way I have become an anchor.

If I close my eyes I will still know where you are – not very far, not really close, getting uselessly breathless.

My words are not welcome, I am not doing anything other than waiting, and yet, I am tired.

There should be a way forward. For both of us. By steadying you, have lost myself. Where is my path, the one that led me here – where are my choices? The wind of time and doubts has erased my past and thus I know not which way to face in order to find myself again.

Yet there is no despair, only hope and the certainty of a better way. I watch you running to exhaustion, pulling forward and shielding away. Waiting for the spark, the trigger that will derail you from his useless quests. A spark that is not I. Once you can fly away, where will I be?

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Back to Life

28 août 2019

There are fleeting sounds and smells, a vague remembrance of self. The mind adrift, nothing holding to the present. Hands, mostly gentle even if sometimes not, the rustle of new sheets and the persistence of machines.
Sun and lavender through the windows.
It is fine to remain semi-conscious, afloat and in between. Lurking in the shadows, the menace of memories and understanding.
Time seeps through unattended. This cannot be forever, yet just for now it is enough. Being alive, evading the pain, enabling the body to heal and the mind to rest. Every breath moving away from the darkness, all the while bringing closer by the seconds the moment when wokedness will not be evaded further.

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Chimio – 1

17 avril 2019

Recroquevillé

Le corps en étaux

Du poison dans les veines pour éloigner le mal

 

Vacillé

Les sens en douleur

Le cœur vrillé en battements difficiles

 

Asphyxié

Il faut attendre

Vers la vie par la mort

 

Pleurer, aimer, espérer

Faire l’effort de vivre

Continuer

Ne rien lâcher

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The quiet reconning

5 avril 2019

Still, she sits.
The hours are, she could not ignore them even if she tried, she feels every second weighing on her soul and heart. The stone beneath her is cold and hard and yet she moves not. For she could not, so heavy are her thoughts, and indeed, what is the point.
She has uselessly fought the wind, it has cought her hair and twirled and whirled, her ears deafened by ancient screams echoing her mind.
She has resisted, she has gone to war and refused defeat… her energy, her life, the world, she won’t be dictated.
So much time, so many battles and insignificant inches won… despite her oaths, tonight she feels she can not go on.
To understand what has defeated her she knows not. Was it a single second or the sum of her disappointments? She has realised she does not care anymore.
Still, she sits, at the top of a hill, and the valley beyond she contemplates, her mind wondering with what may have been her defeats and what she has learned.

It is a bittersweet reconning, she cannot be sure of what she has won or lost, tonight is neither a surrender nor a victory, rather it is a still moment in time, she is wiser than yesterday and yet unsure if tomorrow could be kind, and she has wants, freezing on the cold stone dominating the world, she fights back her tears, her anger and words, and softly nurses a small flicker of hope, her strongest weapon, for from a flicker grows a fire, a storm, as long as a door remains open, still and quiet and strong, she will succeed, tomorrow, after tonight’s sorrows she will thrive.

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Fin de journée

3 avril 2019

La fatigue s’imprime le long de son cou, s’enroule autour de ses épaules et descend dans son dos. Ses muscles tirent, ses os crient. Elle attend l’heure, la fin du jour et le repos. Brûlants, ses yeux fixent l’écran, il faut aller jusqu’au bout, compiler des chiffres dans des cases, sortir et comparer des calculs et projections. Trop de temps sans bouger, crispée sur sa chaise, elle a peur de voir la nuit tomber sans avoir terminé.

Elle entend la pluie avant de la voir, une cascade de gouttes frappe les toits et gouttières avant de s’abattre sur eux, dehors. Rapidement les téléphones se rangent, les cigarettes s’éteignent. La cours boisée derrière l’immeuble se vide tandis qu’ils courent vers la porte afin de se mettre à l’abri. Elle les regarde du 4ème étage, son bureau jouxte une fenêtre, elle en apprécie la lumière et les rêveries potentielles, quand le temps existe autrement qu’en filant si vite à en cogner la date buttoir.

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Vapeurs

20 mars 2019

Il parle un peu trop fort, (il a un peu trop bu), sa voix résonne et son poing martèle la table en soutient de ses propos. Parce qu’il est sincère lui, oui madame, droit dans ses bottes, l’honnêteté incarnée, il n’a jamais failli, parce que c’est le monde qui va mal, les autres qui lui ont causé du tord, lui, il est plus blanc que neige, les salauds c’est les autres. 

J’vous jure. 

Il puise sa conviction dans le fond de son ballon de rouge, et la Suze avant, et un chouya de Whisky en préliminaire. Parce-ce que bon, même quand c’est la merde, on va pas se laisser aller. Hein madame. Madame hoche de la tête et lui ressert une larme sans s’oublier au passage. Tu ne sais même plus comment elle s’appelle, à force d’entendre ton voisin l’appeler madame, son identité s’est effacée de la même manière qu’elle s’est fondue dans l’ombre de “son homme”. Des années que vous vous côtoyez, à vous sourire et vous dire bonjour sans que tu n’en saches plus, sans qu’elle ne prenne matière. 

Il s’agissait d’une lettre égarée que tu souhaitait leur rendre, il se faisait tard, c’était peut-être urgent, en tout cas cela te paraissait plus poli de passer leur donner que de la glisser dans leur boîte aux lettres, et puis, ton intérieur te paraissait si vide et froid, une façon de retarder le retour à la solitude… 

Leur cheminée tire avec vitalité et tu essaies de trouver la force de te lever, il fait si chaud et tu as trop bu, tu n’arrives pas à analyser si tu es otage ou si tu outrepasses leur hospitalité, en tout cas la conversation repasse en boucle celle de la dernière fois et ils ont l’air heureux de jouer à te convaincre cette fois encore, les mêmes exemples reviennent, dans coherence aucune et donc tout va bien, ok.

On est des gens bien, nous, oh oui hein, comme toi, tient, une petite poire avant de partir? Tu hoches de la tête, en vertige de la soirée  qui passe, tu ne sauras jamais à quoi tu acquiesces exactement, quelle est leur guerre, de quelle injustice cosmique ils sont victimes ni de quoi leur univers doit les blanchir.

Tu finis par t’éclipser sans parvenir à masquer tes titubements, ce n’est pas loin, chez toi, en tâtonnements la clé dans la serrure, l’interrupteur que tu ne trouves pas. L’eau froide sur tes mains et ta nuque, et l’oubli, enfin, sans se déshabiller, la nuit sur le canapé.

Dehors tu l’entends sortir les poubelles et continuer son soliloque, il n’a plus besoin de public, il est en mode automatique. Tu soupires vers le sommeil, c’est la dernière fois, tu les adores, mais quand même ça fait beaucoup, c’est la dernière fois, juré, allez, jusqu’à la prochaine.

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pleure ta peine

19 mars 2019

La voiture arrêtée sur le parking de la place centrale, ta tête sur tes poings sur le volant. Il faudrait repartir, pousser jusqu’à chez toi, tu es si fatiguée et il y a si peu de bonheur à t’attendre.

Inspirer. Bloquer. Expirer. 

Tu inspires encore et te redresses, tu allumes la radio et augmentes le volume. Entre l’extérieur et toi, la fine carapace de ta voiture, les vibrations de la musique, tes yeux fermés.

Inspirer l’espoir, bloquer le présent, expirer les fantômes. Les pleurs arrivent enfin, ce poids sur ton âme que tu portes depuis plusieurs semaines. Tu lâches les sanglots et délivre ta peine, ta tristesse existe enfin, l’angoisse du chemin et des décisions à prendre.

Toutes les larmes d’aujourd’hui sont celles que tu ne verseras plus demain.