Posts Tagged ‘story’

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The quiet reconning

5 avril 2019

Still, she sits.
The hours are, she could not ignore them even if she tried, she feels every second weighing on her soul and heart. The stone beneath her is cold and hard and yet she moves not. For she could not, so heavy are her thoughts, and indeed, what is the point.
She has uselessly fought the wind, it has cought her hair and twirled and whirled, her ears deafened by ancient screams echoing her mind.
She has resisted, she has gone to war and refused defeat… her energy, her life, the world, she won’t be dictated.
So much time, so many battles and insignificant inches won… despite her oaths, tonight she feels she can not go on.
To understand what has defeated her she knows not. Was it a single second or the sum of her disappointments? She has realised she does not care anymore.
Still, she sits, at the top of a hill, and the valley beyond she contemplates, her mind wondering with what may have been her defeats and what she has learned.

It is a bittersweet reconning, she cannot be sure of what she has won or lost, tonight is neither a surrender nor a victory, rather it is a still moment in time, she is wiser than yesterday and yet unsure if tomorrow could be kind, and she has wants, freezing on the cold stone dominating the world, she fights back her tears, her anger and words, and softly nurses a small flicker of hope, her strongest weapon, for from a flicker grows a fire, a storm, as long as a door remains open, still and quiet and strong, she will succeed, tomorrow, after tonight’s sorrows she will thrive.

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Fin de journée

3 avril 2019

La fatigue s’imprime le long de son cou, s’enroule autour de ses épaules et descend dans son dos. Ses muscles tirent, ses os crient. Elle attend l’heure, la fin du jour et le repos. Brûlants, ses yeux fixent l’écran, il faut aller jusqu’au bout, compiler des chiffres dans des cases, sortir et comparer des calculs et projections. Trop de temps sans bouger, crispée sur sa chaise, elle a peur de voir la nuit tomber sans avoir terminé.

Elle entend la pluie avant de la voir, une cascade de gouttes frappe les toits et gouttières avant de s’abattre sur eux, dehors. Rapidement les téléphones se rangent, les cigarettes s’éteignent. La cours boisée derrière l’immeuble se vide tandis qu’ils courent vers la porte afin de se mettre à l’abri. Elle les regarde du 4ème étage, son bureau jouxte une fenêtre, elle en apprécie la lumière et les rêveries potentielles, quand le temps existe autrement qu’en filant si vite à en cogner la date buttoir.

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Matinée floue

28 mars 2019

Ses yeux larmoient de la veille. Non de chagrin mais de fatigue, des heures manquantes dont le déficit vertigent sa tête. Un peu trop d’alcool aussi sans doute, quand la nuit s’enfonce et qu’il faudrait partir, quand rien ne l’attend qui soit suffisant, comme les autres il est resté  trop longtemps. 

A son arrivée la maisonnée dormait. Il repart avant qu’elle ne s’éveille. Seul indice de son passage, un verre d’eau, sa serviette humide et sa brosse à dents déplacée, ses vêtements dans le bac, un changement de chaussures.

Il ne sait quand cette solitude a commencé, s’il l’a installée en reproduction du passé ou si elle s’est imposée malgré lui.

Elle lui est familière, trop, il ne sait comment bouger les lignes, avancer autrement.

Dans le train du matin, il pose son front de face contre la vitre et laisse les vibrations percer  le crâne. Le paysage flou de brouillard s’enfuit, ses yeux se ferment.

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Dis, et si?

12 mars 2019

Dis, et si ?

Et si nous quittions les sentiers embrumés par la nuit, dis, si nous franchissions les lignes à défaut de les faire bouger, prétendre que demain est possible, qu’hier était léger et inconséquent, dis, oublions les mots, les taux, les probabilités dont l’encre noire menace le vent… quelques pas de côté, ma main dans la tienne, en sourires en regards, en lumière matinale perçant les feuilles… Dis, et si, et si l’existence d’aujourd’hui n’était qu’un songe, un peu trop agité, incertain, un peu trop triste aussi, en vers de gris, en bleu trop pâle, inspirer, s’assoir, confronter, recommencer, dis, viens avec moi, dansons. Quelques pas de côtés, loin du sentier, dis-moi en silence, dis-moi oui, la vie, ce cri intérieur qui rugi, non, refus, dénis, entourés de murs, dis, et si, si je marchande avec la réalité, comment te sauver, que sacrifier. Et s’il n’y avait plus rien à dire, jusqu’où continuer à se battre, persévérer, serrer le mords et avancer, dis, et si je n’abandonnais pas, ce choix, toi, ralentir le temps, de l’ombre la lumière finira toujours par sortir, quelques soient les jours, arrêter de compter et être.

Dis, et si ?

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Cachette

10 mars 2019

– Chut!

Les deux complices essaient d’arrêter de pouffer dans le long couloir du vestibule. 

Elle a fait un tour aux cuisines et lui à la cave, ils serrent leur butin contre eux dans l’obscurité de la nuit naissante.

Comme autrefois ils empruntent le passage sur le côté, longent un pan de bâtisse avant de se trouver devant ce qui devrait être l’entrée. Un grand et haut bosquet formant un ovale et entouré d’une haie de cyprès. Tout en face, de l’autre côté, la même création marque l’angle de la maison.

Cependant, ils ont toujours délaissé de second bosquet, préférant celui-ci plus ensoleillée en journée.

Elle pose son panier, passe devant et cherche à tâtons entre deux troncs, grinçant et soupirant des dents avant de trouver. Ses bras écartent les branches et elle se faufile à l’intérieur du bosquet.

Trois ans…

La dernière fois qu’ils se sont ainsi cachés, ils avaient quatorze ans. C’était leur rituel quotidien pendant les vacances,  dès que les adultes devenaient trop sérieux ou qu’une corvée de vaisselle les attendaient, ils partaient en douce et filoutaient le temps. Aujourd’hui il se sent ému et heureux de retrouver sa complice… devant ses yeux pétillants  et ses long cheveux noirs, il est un peu intimidé, assez troublé. 

– Alors, tu viens?

Il rit à son tour et obtempère.

En furetant au sol, ils retrouvent les grosses pierres qui leurs servaient de siège. Ils enlèvent la mousse et les regroupent, s’asseyent et sortent les victuailles. Lui une bouteille de vin rouge et un tire bouchon, elle deux verres, une miche de pain, du Cantal et un couteau. Ils trinquent, dégustent, et se sourient. 

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Le vide entre

9 mars 2019

Les verres ont formés des ronds sur la table du bistrot. Elle tient le pied du sien et en suit le bord du doigt, en rappel de l’enfance et des symphonies qu’ils inventaient à l’heure du dîner.

Ils sont face à face, leurs main ne se touchent plus, les pieds soigneusement rangés et les yeux baissés.

Il ne leur reste plus grand chose hormi le silence. Le cliquetis de vaisselle provenant de la salle derrière eux, la radio nasillant quelques airs nostalgiques, le bruit de la pluie qui les empêche de partir et tambourine inlassablement les vitres, obscurcissant la vue vers la place, l’avenue, le métro.

Elle remarque qu’il est encore nerveux. Son indexe gratte furieusement la peau au coin de l’ongle du pouce, il fait cela quand il est en manque de cigarettes. 

Elle s’attache sur les ronds un peu poisseux, son verre de vin à peine touché. Le sien quasi vide. Il a bu de grandes lampées brusquement, comme si cela pouvait lui donner du courage « pour la suite », pour ce qu’il lui fallait dire et entendre.

Il aurait fallu que l’un d’entre eux parte tout de suite. Leur conversation est terminée mais ni l’un ni l’autre n’ose la pluie, ou ne souhaite l’imposer à l’autre.

Tout à coup la tornade s’arrête, le soleil inonde avec autant de violence qu’il était parti et tout scintille. Le trottoir, l’arrêt de bus, les voitures… cet éblouissement est insupportable. Elle se lève en bousculant sa chaise, ses pas se hâtent, vite, il faut disparaître et laisser derrière elle ce portait misérable d’une histoire mal terminée, elle en court presque, s’échappe    et enfin respire.

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The spring in your steps

4 novembre 2010

Sometime, you think you've reached the end. The end of the road, the end of your will. You don't understand how you go on but you do, because there is no other way, because you won't know of different paths than your own. Because the unthinkable does not exist in your world and values, and so there it is, there is no solution but to walk forward in the darkness.

After all, it is your own road on which you walk through life, or rather, you belong to it, you've lost yourself in its hills, somewhere along the way, bend after bend, obstacle after another, you've shed bits of yourself and can't remember being something else than what you are today. There's been happy moments, shiny memories filled with carefree joy and light, and maybe that's where your energy comes from nowadays.

Most days you feel grey and unseen and unimportant. You're the tallest girl I know, and also the thinnest, yet you feel petite and obese. You're trapped in your life, you're trapped in your body, in your unfulfilling job, in the unseen pain of the everyday details and futilities. 

Every detail is so important and failed. 

You feel invisible, like, no one sees you, no one really needs you even though you're indispensable and so demanded upon that you never seem to have time for yourself. You manage a team of eight in a marketing firm and you can't remember having time on your own, just you and the silence and the wind in the leafs. You'd walk down the river and lie on the grass under an old tree, and you'd watch the sky and the sun through the branches, and you'd listen and be heard. 

How horrifying… To be alone with yourself once more and face the truth of what you think you've become. You've put the bar so high for yourself that you're bound to fail.

Sometime though, you forget that you hate your life and yourself and the choices you've made. You had reasons for them, they were probably sound ones but now that you look back everything seems wrong. Yes, somedays you let go of what you think you should be, your soul takes a break and puts its personal cross aside. For a while your body relaxes, your face becomes appeased and the shadow of a smile that I've sadly become used to gives light to a true laugh. You tilt your head gracefully, (unbeknownst to yourself you are a truly graceful and beautiful person…), your eyes look upon the world with happiness for a short while. It is not easy for you, to be happy, to be carefree.

I see you. From afar I close my eyes and I see your chestnut hair, your grey eyes that always reminded me of a painting of the ocean. There are storms and stories behind your eyes, unspoken tales that even I don't know.

You could never be invisible to me, I could never not need you in my life. And I could never ask anything of you other than what you would want to give me. It's like that. We met in the crib, our mothers had the same nanny, we went to the same schools, the same library and bell-ringing club, we fought over opinions and candy and sometimes dated the same boys. We helped each other with acne cream, college choices, husband decisions and anti-wrinkle cream shopping. You're my kin. I saw you grow up and make choices, I gave you my opinion and sometimes we fought and I gave up, but even I can't quite say when the corners of your mouth took a sad turn.

Strangely enough, I've seen a new spring in your step lately. Something that looks a lot like hope and will. The determination to be who you are and nothing else, as if you were in your car and turned left instead of going on the same old boring road. Your path seems rockier and harder, and yet new and exciting and scary and perhaps fulfilling. 

I think it's called being yourself again. 

You could never be careless but you seem carefree, or at least carefully free… I can't put my finger on it, and it doesn't matter. I think I can trust you to make your own path, I'll worry for sure, I'll wake you up in the middle of the night and ask you silly questions, and, well, maybe next Saturday we could go to the pub and get drunk like old times, and you'll tell me the story behind this new smile haunting your lips.