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première nouvelle ratée… :)

13 mai 2009
Guerriere

Le texte qui suit date d'il y a sept ans. Je triche donc un peu, il ne s'agit pas d'une création nouvelle.
Empêtrée dans des essais littéraires dits "classiques", j'avais fait un tour sur mes étagère et remarqué que les livres relevant de "l'imaginaire" – SF et Fantasy – prenaient presque autant de place que les livres plus avouables (souvent candidats malheureux à des prix prestigieux). Alors, pourquoi pas moi? Quoique souvent considérés comme des genres moindres, la littérature SF et Fantasy ont elles aussi la capacité de faire réfléchir et de permettre une évasion de l'esprit. Des films et séries TV sont également reconnue pour leur profondeur, comme par exemple la reprise de Battlestar Galactica (par David Eick et Ronald Moore), qui a gagné un Peabody Award…
Nous étonnons toujours à notre capacité de rêver d'inventer des histoires farfelues, trait que nous retrouvons avec bonheurs dans nos enfants. Alors, pourquoi pas moi?
J'ai donc écrit presque d'une traite, revu, relu, corrigé (merci Bescherel), réécris, coupé, charcuté, relu une dernière fois… Puis ma nouvelle de 8100 mots est partie chez la revue Québecoise "Solaris", qui publie de jeunes auteurs inconnus(parce que pour être dans Bifrost, il faut déjà être un people). Solaris a eu l'extrême gentillesse de m'envoyer un mail de refus personel en m'expliquant que, si j'écrivais bien, en revanche il fallait que j'arrête de regarder Star Trek et la Guerre des Etoiles… heh, la claque. :)

Je poste donc ici le début de la nouvelle, et mettrai la suite petit à petit. Etre publié ne rend pas grand monde riche, mais permet de partager ses meilleurs comme ses pires écris. A défaut de l'être, autant partager ailleurs, donc ici. Et puis, j'ai promis la suite à quelqu'un il y a déjà trop longtemps.
Ces lignes sont celles que j'ai écrites en premier. Déjà à l'époque, je n'arrivais pas à faire un choix entre Science Fiction et Fantasy, trouvant que, "Science Fantasy", ça sonnait super bien. Nan? Un mage qui tient un fusil laser sur le dos d'un cylon avec une fée sur son épaule, trop top. Dommage, les éditeurs n'ont pas l'air d'accord.
J'avais l'image de mon héroïne en tête, l'image d'une guerrière qui avait soigneusement construit un mur autour de ses souvenirs et de ses sentiments. Une femme soldat, une guerre, c'était un défit pour moi, et complètement éloigné de tout ce que j'avais pu maladroitement écrire jusque là. C'est d'ailleurs encore très adolescent tant dans l'écriture que dans la construction du récit.

* * * * * *
Elle ouvrit brusquement les yeux. Le jour pointait à peine et les autres étaient encore assoupis, mille silhouettes inconscientes allongées sur le sol. Le ciel lourd et sombre laissait présager une violente averse d’ici le retour de la nuit. Elle resta un moment assise, immobile.
Ses cheveux sombres et longs étaient ramassés dans un chignon serré, fait assez inhabituel dans les rangs. La plupart des autres femmes ne s’embarrassaient pas de tant de mèches et préféraient une coupe à ras, qui n’entravait pas leurs mouvements lors des combats.
A ses yeux, son apparence physique avait peu d’importance. Elle n’était qu’une ombre parmi les autres au sein de l’armée de la mort qui avançait inexorablement, laissant le sol aride et désespéré derrière elle depuis que l’empereur de paille avait attaqué l’empereur régnant, massacrant tout sur son passage.
Aujourd’hui aura lieu le combat, aujourd’hui sa vengeance continuera dans la transe de cette danse mortelle.
Dans la pantomine macabre du pouvoir, elle a choisi son camp et décidé de survivre après qu’on lui aie tout enlevé. La jolie fermière sereine est un lointain souvenir à demi effacé et le chant des enfants riant dans le jardin ne retentit qu’en écho invisible, lorsque son corps est las et qu’elle n’arrive plus à oublier. Elle n’a plus de nom, plus d’amis, ses compagnons d’armes passent, et seule sa rage de lutter reste, intacte et puissante.
Il n’y avait pas de vent. Le calme de la clairière n’était troublé que par quelques ronflements et couvertures remuantes. Elle déplia son corps lentement et plaça sa tasse sur les braises tout en surveillant les alentours. L’eau ne tarda pas à être chaude et l’arôme du thé remplit ses sens. C’était presque indécent d'en savourer un avant d’aller tuer… Il ne manquait que les biscuits et la cuillère qui tinte sur le rebord de la tasse. Elle la serra des deux mains, retrouvant ce geste d’antan lorsque le maigre feu d’hiver la laissait encore glacée
Le froid ne l’atteignait plus.
Longtemps, elle avait cru qu’elle ne valait rien. À force d’entendre qu’elle n’était qu’une femme, elle avait fini par le croire, oubliant qu’elle était surtout un Homme dans la marée noire et sans âme dont s’était dotée l’humanité. Enfin ses yeux s’étaient ouverts et elle avait vu que c’était faux. Elle avait sa place. Avec l’entraînement adéquat, elle pouvait être aussi forte qu’un homme, voire même plus habile. Elles n’étaient pas si rares, celles qui n’avaient plus que l’armée pour vie, qui avaient abandonné leur passé ou à qui l’on avait arraché les quelques parcelles d’espoirs qu’elles avaient voulu préserver devant la cruauté de la guerre. Face à la mort, tous les guerriers sont égaux. Ou presque.
Contrairement aux soldats pris dans l’engrenage de la violence, elle restait lucide sur ses motivations. Aucun camp n’avait tort, ou plutôt, la partie causant le plus de ravage et parvenant à faire plier son adversaire aurait raison. Deux hommes se battaient pour un siège et c’est la terre entière dont le sang devait couler. Qu’ils s’appellent empereurs s'ils le souhaitent ! Ils n’en restaient pas moins bourreaux. Que l’un ait attaqué l’autre n’avait plus d’importance dans le monde ravagé qu’ils avaient créé.
Elle avait choisi le côté des gagnants, en tout cas c’est ce qu’elle aimait croire, cela lui permettait de continuer. L’ennemi était en face. Ceux qui avaient tout détruit autour d’elle, ses rêves, ses souvenirs, ses joies et sa raison de vivre. Elle était devenue la reine des glaces, la reine des morts et n’aurait de cesse tant que tous ne seraient pas anéantis.
Ses rêves avaient disparu. Ses nuits ne représentaient qu’un instant de repos physique où elle reprenait des forces avant de recommencer. Elle dormait peu, un détail qui inspirait le respect dans les rangs de son escadron. Les femmes y étaient moins nombreuses et peu facilement reconnaissables, préférant se fondre dans la masse, mais certains hommes avaient du mal à les traiter en égales.
Elle était différente et sa légende attirait régulièrement des curieux qu’elle ignorait avec le même détachement qu’elle traitait ses camarades. Son bataillon ne s’offusquait pas de son attitude et suivait au contraire ses envolées avec énergie et détermination. Elle avait plusieurs fois été approchée par la hiérarchie et refusé systématiquement toute promotion. Elle souhaitait rester en bas, simple soldat, et suivait les ordres qu’on lui donnait sans poser de questions. Sa place était là, dans l’action. Elle avait consciencieusement appris toutes les techniques de lutte, savait se servir de toutes les armes quel que soit leur degré de complexité technologique, et surtout était pourvue d’un instinct infaillible pour repérer les failles de ses adversaires.
Sa façon de s’enfoncer au cœur de la mêlée, laissant derrière elle une haie de dépouilles fumantes, transcendait jusqu’aux plus faibles. Ils étaient fiers d’elle, fiers de leur force et de leurs morts. Elle était le fer de leur lance, la fermeté de leurs gestes, l’acharnement de leur combat.
Le jour s’était installé et les formes autour d’elle commençaient à s’étirer péniblement.
Gnared s’approcha d’elle et la fixa d’un œil qu’elle soupçonna ironique. Elle n’aimait guère les mages en général et celui-ci la mettait particulièrement mal à l’aise.
– Sylvinne et Adriann nous mènerons au combat cette fois-ci. Le capitaine a été transféré à l’hôpital de la capitale.
Elle hocha de la tête. Ce choix n’avait rien de surprenant. Elle avait déjà croisés à plusieurs reprises Sylvinne et Adriann lors de combats passés. Ils faisaient partie des meilleurs éléments et combattaient toujours ensemble.
Elle laissa sa place près du feu et alla entretenir ses armes. Aujourd’hui serait peut-être sa dernière bataille.  

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