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Comment décrire un champ de bataille quand on est une fille? (et qu’on s’habille en rose) – SF –

18 mai 2009
Tableau_blanc_3

A priori, le résultat risque d'être aussi probant que le super dessin illustratif.
Ayant grandi avec deux sœurs, je suis loin d'être étrangère aux batailles de griffes, de coups de pieds, de moulinets et de tirage de cheveux. Il y avait aussi les morsures, la technique à terre avec les jambes ultra soniques, sans oublier le hurlement de la "morhquitu" (… et je vous laisse deviner ma technique…). Ceci dit, il y a une différence entre se chamailler pour survivre au sein de la fratrie et décrire un champ de bataille. L'essayiste que je suis a visionné les Aliens entre ses doigts et les pauses pipi, sautant systématiquement  le gore et le pas beau qui fait peur dans les films et les histoires. Les scènes de bataille dans les bouquins ne devaient pas durer plus de cinq paragraphes que je lisais de toute façon en diagonale (blabla, bataille, blabla, boum, point final à la ligne.). Quand on a lu Balzac, on sait sauter des pages.
Etant partie sur l'antithèse de mon genre habituel, je devais continuer sur ma lancée et surtout, surtout ne pas abandonner. J'ai donc serré les dents, et ai écrit très silencieusement et toujours d'une traite les lignes qui suivent. Je les laissent aujourd'hui s'exprimer sans les avoir retouchée, mais avec une coupe. Si j'ai sauté ce paragraphe, vous l'auriez sans doute négligé aussi, et le résultat est à peu près aussi bien que la production d'un ado de treize ans. A la relecture, ce n'est pas très visuel. Normal.

Alors, le rose? :)

*  *  *  *  *

Le choc fût terrible. Lassés par des années de luttes stériles, les deux camps avaient rassemblé leurs derniers éléments terrestres et aériens dans un ultime affrontement. (…)

Les robots avaient quitté leurs antres, ne laissant que carnage et souffrance derrière eux, et il fallait s’y mettre à plusieurs pour les achever. Les bêtes d’acier agonisaient ensuite dans des flaques d’acide qu’il fallait éviter à moins de périr rongé.

Mais le pire ennemi des troupes au sol était bien les nacelles aéroportées, ces vaisseaux de guerre de tailles et d’armements variables. D’abord occupées à se battre entre elles, elles s’intéressèrent bientôt aux soldats grouillants à terre, pointant sans pitié leurs lasers sur le camp adverse.

La guerrière ne sentait plus les coups. Se battant avec la même énergie, son bataillon restait pour l’instant soudé face à la mort qui semblait l’attendre. Les soldats communiquaient entre eux grâce à des oreillettes fixées sous leur peau, qu’il suffisait de presser pour transmettre vers les autres membres de l’escadron. Parfois des ordres concis émanaient du haut commandement, les faisant avancer vers la droite ou la gauche à la rencontre de nouveaux adversaires.

Une troupe de robots les assaillit et sans savoir comment, elle se retrouva bientôt isolée du groupe, face à l’ennemi.

Que la bataille continue pensa-t-elle avec indifférence, le bruit avait disparu, il ne restait que le silence de son cœur décharné, des rires qui ne résonneraient plus jamais dans la campagne verdoyante.

Depuis combien de temps se battait-elle ? Elle n’aurait su le dire… Son corps tendu par l’effort continuait sans relâche, mais son esprit restait hors du combat. Elle se sentait détachée de ses gestes alors que ses doigts tuaient et que les hommes face à elle disparaissaient un à un devant la justesse de ses coups. Combien de fois avait-elle rechargée les batteries de ses lasers, combien de corps lacérés et de vies ôtées avec une précision quasi chirurgicale ? Elle ne savait pas, le temps avait cessé d’exister, elle ne sentait même plus l’odeur de sang et de sueur qui alimentait d’ordinaire sa transe, la transe du combat et de l’ennemi à anéantir.

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2 commentaires

  1. Je trouve que c’est plutot bien écrit!



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