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Extraits en flirt

19 mai 2011

"Bonjour, votre cerisier fait de l'ombre à mon lila, c'est un bel arbre mais il prend trop de place et empêche le mien de s'épanouir". Elle porte une robe rouge à pois blancs quoiqu'il a plutôt l'impression que le morceau d'étoffe s'est posé sur elle, a entouré son corps avec espièglerie et y reste suspendu malicieusement. Ses cheveux blonds sont en bataille et décorés de brindilles, ses ongles maculés de terre, elle est pieds nus et tient un sécateur dans ses mains. Il imagine tout à fait la scène, elle taillait ses rosiers en savourant l'herbe sous ses pieds, a levé les yeux encore une fois sur son arbre, comme tous les jours, et exaspérée est venu le voir. C'est vrai qu'il est grand son cerisier. Il faut faire quelque chose. Elle continue à parler en tirades, le suit alors qu'il farfouille dans son garage, tire une échelle, monte sur les branches et s'attelle à apaiser son courroux. Ses plaintes charmantes se transforment en indications, (plus à droite, oui, bravo), puis en sollicitude (voulez-vous une limonade?). Les branches pleuvent à terre. Il redescend. "Vous devriez aller vous rafraîchir si vous voulez être à l'heure au restaurant". Elle en reste bouche bée, la bouche ouverte, il l'a enfin désarçonnée. "Je passe vous prendre dans une heure." Elle s'en va en bafouillant et il sourit. Six mois qu'il n'osait l'aborder, cela valait bien quelques coup de scie.

* * *

Ses pas se pressent. A la sortie du métro, se battre contre la pluie fine et éviter les flaques, aller d'arbres en abri-bus pour rester au sec. Elle vérifie sa tenue, s'arrête brièvement pour remettre du gloss. Plus que quelques pas, un coin de rue à tourner avant de passer devant la librairie. Parfois elle s'arrête, en général elle s'arrange pour y faire ses achats, mais des livres, elle n'en achète pas souvent. Maintenant elle en offre. Elle ralentit doucement, sent chaque goutte minuscule sur sa tête, et passe nonchalamment devant la devanture. Du coin de l'oeil, elle surveille, elle ne sait jamais, parfois il relève la tête et lui fait un signe de la main. Elle passe, puis se presse à nouveau, court presque jusqu'à la station suivante… Elle s'engouffre dans le métro un peu essoufflée, en manque d'air, en manque d'audace. Un jour elle osera, peut-être, entrer et plonger dans ses yeux profonds, oser un sourire un peu plus appuyé… Arriver à la fermeture, et lui proposer d'aller boire un verre. Un jour elle osera ce risque, celui qu'il dise oui comme non, un jour elle devra sortir du rêve et avancer dans la réalité. En attendant elle s'adosse contre la vitre, ferme les yeux et soupire en attendant demain.

* * *

Il bascule son siège, met les pieds sur la table et sifflote en faisant tourner un stylo dans sa main. Aujourd'hui il y a une nouvelle secrétaire, une jolie intérimaire dont le rire résonne le long des murs jusqu'à son bureau. Sa jupe est un peu plus courte que celle des autres, son sourire plus malicieux et son regard plus franc. Il fait tourner son siège en regardant regardant par la fenêtre, ses doigts hésitent à glisser vers le bouton de l'interphone, ou vers celui de son pantalon peut-être, il y a une nouvelle secrétaire aujourd'hui, sa jupe virevolete et son pas sautille. Il rêve encore un peu, l'air pétille, son corps s'étire, le téléphone sonne. "Votre rendez-vous est arrivé."

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2 commentaires

  1. joliiiiiiii :)


  2. Merci :)



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