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Réveil strident

15 avril 2013

L’air vibra d’un cri.
La réalité se précipita sur la cour et les pavés et le soleil glissant les ombres, un son strident heurtant les murs et franchissant les fenêtres lors de son voyage vertical dans la cour de l’immeuble, rebondissant contre la matière passée, le crépi hésitant sa couleur, le lierre grimpant le tuyau de gouttière fendu par endroit d’où jaillissaient des fuites, combien de fois Huguette avait-elle dit qu’il fallait implémenter un plan Orsec du lierre, cette saloperie trompait les chats qui manquaient de tomber grognait-elle, mais aujourd’hui le lierre était bien là et l’existence d’un cri essayait de se frayer dans ses feuilles odorantes et ses tiges griffant le plastique sans être particulièrement ralenti – à force de s’être fait attendre ce cri entendait bien exister et forcer l’entrée des tympans des ombres derrière les fenêtres, des ombres qui, face les unes aux autres et se connaissant toutes se chuchotaient le secret de la cour, de la veille, des secondes précédant l’arrêt du temps, ces heures de lunes immobiles et terribles à veiller le silence, à être les seuls à connaître le secret étouffé de cette cour dans laquelle résonnait ce matin la reconnaissance de la fin de la nuit.

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