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Extraits en pluie

22 juillet 2011
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Quand il pleut, elle lâche sa poupée et s'élance pour tromper la chaleur sous les gouttes. Ses nattes virevoltent en cadence alors qu'elle danse. Les bras tendus, les doigts écartés, son chant ravi m'entoure d'une joie innocente et simple.

* * *

Du haut des falaises, elle laisse le vent s'engouffrer dans ses vêtements et créer des voiles derrière elle. Ses cheveux noirs et bouclés volent derrière elle, ses yeux sombres survolent la tempête. Les vagues agitées montent, blanches d'écumes, leurs cimes reflètent un ciel obscur fuyant la lumière. Il n'y a plus de bruit hormis celui du chao, plus de vie autre que la furie qui se déploie devant elle. Elle s'imprègne de cette eau libre et belle, déploie des bras pour mieux sentir le vent avant de partir à regret rejoindre sa vie tranquille et sereine.

* * *

L'enfant regarde la pluie à travers la vitre. Les gouttes se précipitent avec furie contre la paroi, hésitent et se rassemblent enfin en de grande larmes lumineuses coulant jusqu'à la terrasse en pierre rose.

* * *

La radio à fond déferle dans le véhicule. Les basses vibrent le volant et rythment les cahots de la route. Elle peine à garder les yeux ouverts. Plein phares dans l'aube naissante, clim au maximum qui inonde sa peau d'un air glacial, essuies-glaces qui parent inutilement au temps sec mais la font sursauter à chaque passage. La nuit fut trop courte et la route trop longue. Elle est au bout de ce qu'elle peut parcourir, il lui faut trouver un fossé pour y reposer son véhicule et son corps. Elle pousse un chemin de terre, coupe le contact, les phares, elle s'enroule dans la laine douce et s'anéantie de sommeil. Une heure. Deux peut-être, avant de continuer. Elle est en retard là où personne ne l'attend.

* * *

Du fond de son lit, Aude entend le mugissement du vent. Le son du raclement des branches traverse le mur de la maison et vient nourrir ses frayeurs d'enfant. Dehors l'orage gronde et la pluie bat la terre. Elle se sent en sécurité sous sa couette sans être tout à fait rassurée, les éléments qui se déchainent dépassent son entendement. Enfin deux bras aimant viennent l'entourer tandis qu'une voix douce murmure dans ses oreilles. Aude se blottit contre sa maman et se rendort apaisée.

* * *

Il y a comme une éclaircie dans le ciel. Sophie lève les yeux de sa peine et prend le temps de la lumière. Elle inspire cet instant fugitif, sens la fraîcheur de l'apaisement avant de refermer les yeux. Il faudrait que cette journée s'achève, c'est tout.

* * *

L'été glisse d'un jour à l'autre, les ciels gris se succèdent et fondent sur la terre en averses fines et drues. Agnès lève les yeux de son ordinateur et soupire. Son regard se perd dehors à la rencontre d'un ciel dans le ciel, d'une superposition de gris passant de l'ombre à la lumière. Tout à coup, un vent se lève et le soleil illumine une pluie nouvelle, la lumière blanche irradie les toits sous l'obscurité entière de l'orage naissant. Agnès admire cette rencontre entre tout et son contraire, elle s'imprègne de cet instant immense avant de replonger le nez dans ses dossiers.

Ces paragraphes sont issus de ma contrainte quotidienne sur le blog du Convoi des Glossolales. Je vous invite à y découvrir de talentueux auteurs.

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One comment

  1. (merci)



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