Archive for the ‘écriture’ Category

h1

Z’auriez pas un job pour moi, M’sieur?

4 novembre 2009

Logo_apec

 

Nous nous appelons Ana, Blandine, Candice, Sandrine, Stephan et Saliou. Nous avons entre 30 et 56 ans. Deux d’entre nous sommes mariés avec trois enfants, trois fument quotidiennement, deux sont accros au « Mountain Dew« , et l’un – sans enfant mais avec des potes – possède une Picasso sept places avec plein de gadgets sympa. 

Nous habitons tous le 93, nous sommes responsables de projets systèmes d’information, analyste programmeur, spécialisée RH et gestion de carrière, hybride assistante de direction rêvant d’événementiel, responsable relation presse et communicante en interne ou en externe, c’est comme vous voulez m’sieur. Nous  sommes des « Cadres » au chômage en recherche sinon de l’âme soeur, au moins du poste idéal au sein de l’entreprise idéale pour un parcours et une carrière idéale (… avec… un salaire idéal…).

 

Nous avons passés trois jours ensemble répartis sur deux semaines. Nous avons décortiqués nos CV, relus nos lettres de motivations, nous avons simulés des entretiens et nous sommes beaucoup dit « parlez moi de vous… ». Nous avons écouté les projets des uns et des autres, nos parcours, nos craintes, nos doutes, nos souhaits et nos espérances. Nous nous sommes regardés, jaugés, critiqués, nous avons argumenté, soutenu, défendu, le ton est parfois monté, les mains s’agitant pour mieux soutenir nos arguments, le corps en avant contre la table, presque prêt à s’élancer pour mieux illustrer nos propos… Le corps parfois affalé au fond de notre fauteuil, en panne, en manque de café, de sommeil, en pleine digestion voluptueuse après un repas Libanais un peu trop apprécié. 

 

Quelques soient les raisons, toujours, nous nous sommes respectés, chaque prise de position se voulant constructive et positive par rapport à nos cheminements respectifs. Nous avons parfois déséspéré nos supers animateurs-recruteurs-consultants qui ont travaillé pour Accenture, Saint Gobin et des cabinets de recrutement prestigieux dont on ose à peine murmurer le nom, avec nos digressions, nos besoins de café, de thé, nos questions (im)pertinentes et nos éclats de rires. Pourtant, à la fin, ils nous ont trouvé assez dynamiques et sympatiques, pour des chômeurs-cadres-du-9-3 en panne de confiance et d’inspiration. 

 

Nous avons passé trois jours à l’APEC

 

Après le parcours Assedics/ANPE/non-maintenant-c’est-pôle-emploi/euh,-c’est-quoi-un-MBA-monsieur?, nous nous sommes retrouvés dans un cadre surprenant, où nos consultants comprenaient de quoi on leur parlait, et de quoi on ne leur parlait pas aussi. 

 

Des personnes qualifiées et dont le poste avait un sens. 

 

Ces trois jours sont terminés. Nous nous retrouvons chez nous, seuls à nouveaux, face à nos problématiques, nos questions, nos doutes et nos espoirs. Nous nous retrouvons plus forts dans notre solitude, car mieux armés et mieux accompagnés. Aujourd’hui, il y a facebook, twitter, nous ne perdrons pas contact, d’ailleurs, rendez-vous le 9 décembre pour les malchanceux qui ne seront pas en poste. On fera le point avec nos deux SuperConsultants, on se secouera mutuellement, et qui sait, peut-être que cette-fois ci on arrivera à tester ce resto, vous savez, M° Croix de Chavaux. A bientôt, et bon courage, donc!

h1

spots of light, shadows of doubts

28 octobre 2009

We run, we run through the hours, 

The days, we rush through life. 

And often, we forget to look : 
Everything's unfocused and blurry, 
We are going too fast, we cannot see.

You too run, and sometimes 
You remember and stop. 
Your eyes are wide open,
And it is that which you see :
Things are unperfect and how they should be.

h1

Une étincelle de verdure dans Paris

22 octobre 2009

C’est une surprise de verdure dans un quartier énervé de grues et de pelleteuses. 

 

D’un côté, rue de Belleville, des immeubles HLM habités sont entourés de filets de protection pour éviter que les plaques de revêtement ne tombent*. De l’autre, les travaux de consolidations des réseaux souterrains, qui anticipent sur le prolongement du Tram 3, éventrent le carrefour Porte des Lilas puis le boulevard Serrurier.

 

Le jardin se trouve au coin de la rue de Belleville et de la rue Haxo. Les plantes ont-elles chassée un immeuble ou une place de quartier? Mystère. 

 

Estampillé « Main Verte« , ce jardin associatif laisse une part de vie et de rêve dans des rues autrement désolées d’abandon (sinon humain, du moins financier).

 

Il est propre, soigné. Diverses espèces s’y épanouissent, leur bon voisinage égayé par des créations artistiques aux couleurs vives. Sur le gazon, deux chaises se regardent au-dessus d’une table de café et taquinent les tomates Coeur de Boeuf laissées là comme une invitation – à moins que ce ne soit une prise de position artistique. Ce rouge, parmi tout ce vert, c’est joli. Ca donne envie.

 

J’aurai aimé y entrer, admirer le travail et taper la cosette avec les jardiniers. Je ne suis restée que cinq minutes, dehors. Du mauvais côté des barreaux pour une fois, libre mais rêvant d’ailleurs. Cinq minutes d’enchantement au sein d’une journée autrement grise et enfermée.

 

/Merci/

 

 

* Je regrette de ne pas avoir pris la photo. Sur le coup, c’était un peu compliqué.

h1

Bousculée par la politique

17 octobre 2009

Il y avait du beau monde à la manifestation pour les droits de la femme d’aujourd’hui…

h1

What’s in a name?

15 octobre 2009

 Juliet:

    « What’s in a name? That which we call a rose

    By any other name would smell as sweet. »

    Romeo and Juliet (II, ii, 1-2) 

 

It’s always a bit of a headache. Finding names, giving names. You struggled as a parent, but once you’d  chosen your kids name, they and their names become one. You forgot that Samuel could have been an Eli or that Betty was almost called Helen. 

 

When writing, you skip that part as often as you can. Because you’re lazy or lack confidence, or maybe because you’re inspired for once and don’t want to waste your energy looking for stupid names. Actually, you’ve become an expert at writing short texts with few characters who won’t need names. Maybe because you don’t have a clue, or maybe because you don’t want readers to become influenced by their own experience of names.

 

It’s wrong of course, you should trust yourself enough in that your characters will be strong enough to define themselves, or you should be able to enrich their backgrounds, to add to their depths with well chosen names. Although, managing 4000 words with no names is also a good exercise, you tell yourself, and exercise is good, one must practice, right, and it’s always better than calling them all Jane and John? Right. 

 

It’s easier in English than in French. The language has its stereotype of course, Sophie and Charlotte are sophisticated brunettes, Cindy and Britney are blond cheerleaders. But still, there is less prejudice in a name than in French, where an « Aurélien de Drancy » won’t have the same spontaneous identity as a « Léo Chmollo ». It’s difficult because this culture’s made it difficult, and because yourself have been prejudiced against by snobs for lack of a proper name when you were a child (what’s that, you’re a fruit?!), and your next-door neighbor can’t find a job because his name sounds too foreign, definitely not WASP or well bred enough. Thus, the process of choosing names can be arduous and painful and time consuming. There’s a lot of procrastinating on Google, with hundreds of hits, some odd, some interesting (3). 

 

It’s a lot of time spent not writing. 

Of course, sometimes, a miracle happens, and a name instantly appears in your mind and it’s the one. It’s magic, it’s perfect, and you need to write it down at once and work with it, and you forget that you’re freezing and wearing gloves while typing because the rest of your family’s not cold, actually, you’re growing old Mam.

 

Usually, the names, they escape you as if it were a fun hide and seek game for them. 

But you’re not having fun. There’s no one home, the heating system’s up and perfect, and you’re procrastinating.

 

You’re checking your emails for the thousandth time or resisting that last piece of chocolate (they can say what they want, chocolate will beat water anytime.), thinking that maybe that itchy mosquitoes bite on your eye was caused by a spider after all, wow, gross, or how will you tell your husband that you think he threw away his ipod because it was in a box because you’d gone shopping to get him waffles, as requested, and you had your hands full getting to the car so you put it there, on top of the waffles.

You put everything away but you don’t remember about the ipod. And he threw away the box of course, and he never checks if there’s stuff left because he’s a thrower. You were too tired to play the game ’cause your foot hurt and you didn’t want to move, and now, the ipod, you can’t find it. Your lunch date cancelled on you yesterday and you went to the hairdresser instead, and you wanted music and you couldn’t find it and the box was gone.

 

Forever.

 

Except that when you get up to get away, away from your computer, away from your blank screen and your now cold coffee, when you come looking for your cellphone as an excuse to not write, you find the ipod in your hand bag and not your phone*. Maybe because you’d put it there firsthand, or you emptied the box and you were the one who threw it away, because you’re learning and making progresses although you’re also loosing your mind, apparently.

Boy, aren’t you glad you didn’t say anything to your spouse last night? All that, and you’re still not writing. But that chocolate’s darn good.

 

Where were you? Names. Ah yes. Arf. Itchy eye, emails, cold coffee, Google. 

 

 

 

* You should probably check near your kitchen sink

h1

La technologie, pour tous les âges

7 octobre 2009
Je suis avec Denis, un jeune homme d'un certain âge. :)
 
Tout ça pour lui montrer à quel point il lui est inutile de faire chier le monde avec la "tech". (C'est un DirColl SF quand même)
 
Voilà. Ecrit, envoyé, bloggué!
 
PS : achetez ses livres, ils sont top!
h1

Lucile.2 (Grandefousque)

6 octobre 2009

Grandefousque, Chapitre 2.2

Curieuse, Lucile était sortie de son lit. Désorientée, ses pensées flottants toujours dans le royaume des rêves, elle sentait à peine ses pieds nus contre la pierre rapeuse des escaliers. Elle n'avait plus qu'une dizaine de marches à franchir lorsque Poulpiquet, le valet de son père, s'était précipité dans l'entrée. Essayant de comprendre, elle avait regardé le petit être au corps tordu se battre avec obstination contre la lourde porte en bois aux portants en fer forgé. Le manoir disposait de plusieurs entrées, mais Lucile n'avait jamais vu cette porte ouverte. Poulpiquet lui avait dit un jour que personne n'en avait franchi le seuil après sa mère. 

Sa mère la portant dans ses bras, entrant dans leur demeure pour la dernière fois. 

Il y avait eu un grincement sinistre, les gonds avait enfin cédés et une bourrasque de vent glacé s'était engouffrée avec fracas, accompagnée de feuilles et de branches mortes. Clignant des yeux, Lucile n'avait d'abords rien vu. Puis, une femme était apparue. Elle avait discerné son ombre, une silhouette fine enveloppée d'un manteau et surmontée d'un chapeau marron, un sac sur le dos, d'autres dans ses mains. Pas de visage, quelques cheveux blonds et des lunettes. Elle s'était avancée de quelques pas et Poulpiquet s'était à nouveau débattu avec la porte afin de la fermer. Les sifflements de la tempête s'étaient assourdis, l'inconnue avait fixé Poulpiquet, la bouche sévère entrouverte, les traits figés et ironiques.

— Je vois qu'il a toujours son korrigan de compagnie.

Poulpiquet n'avait pas répondu se contenant de lever la tête avec défiance. Puis, il avait glissé un regard paniqué vers Lucile, réalisant enfin sa présence. De surprise — de choc peut-être? — les mains sèches de l'inconnue s'étaient ouvertes et ses sacs étaient tombés à terre. 

— Va chercher le professeur, avait sifflé Poulpiquet à l'intention de Lucile.

"Le professeur", pas "ton père", avait noté silencieusement Lucile. 

Elle avait tourné des talons, la petite fille en chemise de nuit, elle avait grimpé les marches jusqu'en haut, sous les toits, là où son père se réfugiait le soir près d'un feu lorsque le sommeil se refusait à lui, pour penser à sa femme morte tragiquement. Là où un portrait d'elle souriait encore et où l'odeur des roses imprégnait les tapis au sol. 

Après elle ne savait pas. Obéissant docilement, elle était retournée se coucher et s'était rapidement endormie malgré des éclats de voix. Elle aurait aimé rester et écouter, le manoir avait tant de coins sombres qu'il n'était pas difficile de s'y cacher, mais quelque chose dans le regard de son père l'avait presque effrayé. Comme une douleur animale, mêlée de peur et de colère. Elle s'était endormie donc, bercée par la tempête rageant autant dehors que dedans.

Et ce matin, l'inconnue avait disparu, Poulpiquet vaquait discrètement, presque trop efficace pour être honnête, et son père s'était enfermé dans sa bibliothèque. Elle pouvait l'entendre aller et venir, claquant les livres sur les tables, tournant les pages, à la recherche de quelque chose, une ligne, un mot, un secret qui se serait caché entre les pages jaunies de manuscrits qu'on ne trouvait nul part ailleurs.

Du moins, c'est ce qu'elle imaginait, toujours allongée par terre, son doigt traçant des cercles dans la poussière, son esprit luttant contre la musique assourdissante qui cognait sa tête. Ses pensées commençaient à divaguer vers des objets tels qu'un balai et une éponge… Avec assez de volonté, on pourrait peut-être remettre cette pièce en état… en lavant les vitres, peut-être qu'on y verrait plus clair.

Tout à coup, Lucile eu un sursaut. L'obscurité régnant n'avait rien à voir avec la saleté des fenêtres. Cette idée prit forme avec force.

Elle se leva et alla pencher la tête dehors. Un amoncellement sombre tournait lentement au-dessus de la forêt. Jamais le ciel ne lui avait paru aussi bas et menaçant. La cime des arbres semblaient pouvoir les toucher et l'air était si oppressant que Lucille eu du mal à respirer.

Papa va partir.


Pourquoi avait-elle pensé cela? Il y eu comme un déclic, comme une idée lumineuse, une évidence qui s'imposait en elle. Cela était déjà arrivé. Le ciel s'obscurcissait, Mélanie Nuage arrivait avec son panier de provision, son père et Poulpiquet disparaissaient une ou deux heures. Jamais très longtemps. D'ailleurs, le ciel ne restait jamais sans lumière de façon aussi persistante. En général, lorsque elle entendait le chant précurseur de Mélanie, tout était redevenu normal.

Comment ne l'avait-elle pas remarqué avant? Et pourquoi la lumière ne revenait-elle pas cette fois-ci?

    C'est l'heure des hirondelles

La gigoudine gigoudaine,

C'est la ronde des belles du ciel,

La gigoudine gigoudain.



Lucile dévala les escaliers pour aller à la rencontre de Mélanie.

h1

Walk m’Lady, walk…

3 octobre 2009

I’m a no nonsense walker.

In a car I’m a law abiding careful driver, but it come to walking, no one messes with me. Not that I don’t know how to take a scenery in, nor when it’s totally worth stopping. I can do that, I can stop on a pond and watch ducks dive in the water as the sun sets. Rediscover the meaning of breathing while I revel in a beautiful sight. A parisian monument, a garden, children chasing each others in autumn leaves, ducks diving as the sun sets.

You’ll be amazed how often I can do that while also walking (fast). 

 

I don’t know why, I sometimes enervate even myself with the sounds of my own shoes beating the pavement, but my pace, it’s fast, I can’t help it : 

— Is Blandine around?

— Yes, I heard her walk down the hallway.

 

Unless we’re strolling in the sun after a nice lunch, slow walkers, I often want to claw then and hiss at them to get on with it. I mean, what’s the unhurry for God’s sake?! If you want a longer chat, we can go around the block twice you know.

 

So, it’s been odd lately. We’re so used to being whole, we forget. How we need both our feet and legs and arms and eyes. Try peeling a potatoes with just your five fingers, and then we’ll talk. 

 

I’ve been so lucky. When I fell (yes, again, I can’t believe I’m always sober when it happens), I could have broken my foot or my arm, I could have been ran over. Worse, the princess asleep in my arms could have been harmed.

 

It’s only a  badly sprang foot. I’m not denying the pain nor the hassle, but all things considered, it’s nothing. 

 

After being immobilized two weeks with my foot up, after waking up tired day after day, I’ve humbly rediscovered the annoyance and helplessness of being reduced to spend my days on a couch, doing absolutely nothing (please don’t look at my nails humkay?) : better not forget my glasses downstairs. It’s a matter of planning and time and pain. Yes, better not have to walk down with a cane. Careful now, you don’t want to hurt the other one.

 

The pain. Well, I didn’t cry. 

 

The first trip outside, to fetch the kids. Two tired arms and impatient youngster. Better you take the keys then. The way’s safe from now on, I’ll catch up with you. Eventually. You’ll all be showered by then, probably.

 

I’m cane free now, with a removable splint I’ve decided to forget in a drawer. I can’t run, I can’t drive*. Still, I must walk slowly. Watch two buses dash by the end of the road, and then wait 20 min for mine. The world is spinning as fast as ever, yet as hard as I try to add spring to my steps, I’ve never walked slower. I’ve stopped cursing. I’ve learned to let go. It’s OK, this kind of healing, it needs its own particular kind of pace. I’ve been given its timetable, I know. 

 

I try to see the bright side. Like, I’m grateful I didn’t seriously injure myself. Running the household became crazy enough as it were. I’m grateful I was the one falling and that my child is alright. That I have a true companion I can lean on. That it remained sunny outside and I was sparred hobbling to school under the rain. 

I’m thankful I have such good friends and neighbours who gave me ride or fetched my kids for me. Thanks for all your emails!

 

This week, I even walked further, to my beloved old Dame, Lady Paris. It took longer than usual, I tried to enjoy my slow motion through a fast forwarded world, the bus and train ride, the underground, and then lunch. // When you leave a group, friends, colleagues, you always expect to keep in touch with some people, and you’re usually wrong. It’s always surprising, the ones who do stay in touch. Those who will reach out for who you are independently of power plays and schemes. //

 

Maybe tomorrow I’ll be able to add even more spring to my steps and walk further in and throughout life, and who knows, I may even do so with a real purpose. 

 

 

 

I learned I was one among the winners of a two year old writing contest yesterday. I guess, sometimes, slow is good.

 

 

 

 

*(not like that, shut up! hee.).

h1

toile / canvas

27 septembre 2009

(English : scrolldown)

 

 

C’est rond comme un hublot. Comme une fenêtre sur le monde qui ne s’ouvre qu’à ceux qui veulent bien la voir.

 

C’est une toile, sur un chevalet. 

 

En face, un gamin de 6 ans. Un chevalier Zoulou sans peur et sans reproche qui ne lâche jamais son objectif. A six ans, il se fixe des objectifs et se donne les moyens pour les atteindre. Déjà, rien que ça c’est bouleversant.

 

Il y a quelques mois, c’était son anniversaire. Il avait été très gâté, la fée Myrtille était passée et lui avait offert des objets précieux avec lesquels il traçait déjà des lignes joyeuses et inspirée. 

Le Magicien Bassboy, lui était un peu en retard. Interrogés, M et Mme Zoulou avaient répondu un peu évasivement. « Un livre, ou un truc sur les Chevaliers, ça lui fera plaisir ». 

 

Et c’était vrai.

 

Ce sur quoi ils n’avaient pas compté, c’est que Chevalier Zoulou n’a besoin de personne pous se créer son univers aussi imaginaire que magique. A six ans, il sait déjà qui il est (et nous aussi, quelqu’un de chiant et de compliqué et d’immensément merveilleux, un enfant magnifique et ancré, à la limite de l’autisme et du génie. Bref, une personne.). 

 

Avec cette fenêtre, avec les moyens que le Magicien lui a donnée pour s’exprimer, Chevalier Zoulou a déjà crée sa première oeuvre. 

Celle-là, il va peut-être la garder. Il a néanmoins déjà exprimé le souhait de vendre les prochaines à une broquante, « pour faire de l’argent« , « payer les toiles« , et « donner de l’argent à sa maman« , qui elle, n’a pas de travail. (Bravo Maman!)

 

« 10€, c’est un bon prix? C’est un peu cher mais c’est pas cher? Peut-être que Papa l’aimera et achètera la toile, et comme ça tu auras l’argent et Papa aura la peinture? » (La notion de compte commun lui échappe encore).

 

En tous cas, il projette de créer de jolies tâches de couleurs, des portraits peut-être, ou des traits comme sa Grand-Mère.

 

*  *  *  *  *          *  *    *    *  *          *  *  *  *  *

 

 

It’s round like a porthole. Like a window on the world, that opens only for whom wants to see it.

 

It’s a round canvas, on an easel.

 

Facing it, a 6 years old. A Knight Zoulou with no fear nor regrets, who never lets go of his objectives. At 6, he already knows how to set goals and give himself the means to reach them. This, by itself, is breathtaking.

 

It was his birthday a few months ago. He’s been very spoiled.  The BlueberryJam faery had comme and given him precious tools with which he already drew joyous and inspired lines.

Magician Bassboy was a mite late. Upon interrogation, Mr and Mrs Zoulou had answered somewhat evasively. « A book, or stuff related to Knights, he’ll like that ».

 

And it was true.

 

What they had overlooked, was his ability to create his own magical and imaginary universe with no help but his own. A six, he already knows who he is (and so do we, someone overbearingly complicated, immensely marvelous, a magnificent and anchored child, on the verge of autism and genius. In short, a person).

 

With this window, with the means given to him by the magician to express himself, Knight Zoulou has already painted his first creation. 

 

This one, he might keep. But he’s already expressed the wish to sell his next ones at a yard sales, « to make money« , « pay for the canvasses« , and « give money to his mother« , who’s out of work.  (Nice work Mom…)

 

« 10€ (15$), it’s a good price? It’s a bit expensive but it’s not too expensive? Maybe Dad’ll like the painting a buy it, and you can have the money and Dad can have the painting? » (the idea of a shared Bank account eludes him still)

 

Anyway, he plans to create nice couloured stains, portraits maybe, or dashes like his Grand-Mother.

 

 

h1

Lucille (Grandefousque)

22 septembre 2009

Grandefousque, Chapitre 2. Première partie

Lucile entendait les chants. Depuis aussi loin qu'elle puisse se souvenir, elle avait été bercée par des voix qu'elle seule semblait percevoir. Elle rêvait souvent que sa mère lui parlait à travers la musique qui l'accompagnait en permanence, qu'elle n'était pas vraiment morte mais s'était transformée en notes légères qui veillaient sur elle. Parfois, c'est à peine si elle les entendait, elle devait tendre l'oreille si fort que son cou la lançait, et il lui semblait que la musique ne continuait qu'en elle. Lucile avait toujours su qu'elle était spéciale. Les quelques enfants qu'elle avait côtoyés ne semblaient pas avoir la même vie solitaire qu'elle. Ils avaient des amis, une grande famille, ils allaient à l'école et couraient à travers champs en riant à coeur joie. Ils ignoraient l'obscurité mystérieuse de la forêt, sa beauté envoutante lorsque des rayons perçaient à travers les branches, la surprise délicieuse qu'on éprouvait à découvrir une nouvelle clairière. La fillette qui vivait au coeur des arbres leur paraissait bien étrange, avec son regard vert si direct et ses long cheveux sombres. Elle était un peu trop grande, un peu trop mince… 

Lucille aurait aimé avoir des amis qui puissent la comprendre, mais les jeunes villageois était trop différents d'elle. Toutefois, malgré sa solitude, elle était heureuse et  n'aurait changé de vie pour rien au monde. Elle aimait parcourir la forêt à l'écoute de des bruits de la faune et du vent, sentir la mousse sous ses pieds, coller son oreille à terre et écouter les vibrations provoquées par les animaux. Elle était entourée de mille chuchotements rassurant, la nature lui prodiguait ses fruits et sa beauté merveilleuse. En réalité, Lucile ne se sentait jamais seule.

Elle sortait rarement de la forêt. Il suffisait qu'elle s'éloigne de quelques pas dans la plaine pour que le son s'éteigne. Sa poitrine se resserrait alors et elle ne parvenait plus à respirer. Elle ne parvenait pas à rester loin trop longtemps, il lui fallait tourner des talons, quitter Grandefousque et revenir. Sans les voix, sans la musique, tout lui paraissait gris et menaçant. 

Alors que Mélanie Nuage prenait le sentier menant vers la forêt, Lucile était allongée sur le ventre au milieu de l'une de ses nombreuses pièces vides. N'ayant jamais vu d'autre manoir, il lui paraissait magnifique avec ses trois escaliers et ses nombreux étages, ses quelques fuites au toit et les grincements du vent passant sous les portes. A force d'abandon, des pans entiers de la demeure avaient pris une odeur particulière, mélange d'humidité de rouille et de poussière que Lucile flairait avec délectation : pour elle, c'était le parfum de la sécurité, c'était chez elle.  La tête reposant sur ses mains, Lucile réfléchissait tout en observant une sauterelle hoqueter  de-ci de-là sur le parquet. 

Les chants hurlaient en elle. Ce n'étaient plus de discrètes notes agréable, mais une tempête de bruit qui lui donnait le vertige. Elle s'était réveillée avec une légère migraine et avait tardé à remarquer que la musique s'intensifiait à mesure que le ciel s'assombrissait. Elle avait beau secouer la tête, impossible de se débarrasser du bruit. Elle avait erré dans le manoir jusqu'à l'étourdissement, avant d'atterrir ici, dans cette pièce vide et inutile. 

Son père aussi lui semblait étrangement agité. Hier déjà, lorsque l'inconnue avait frappé à leur porte, son visage s'était fermé. Il n'était pas sorti de la bibliothèque depuis. Lucile ne pouvait s'empêcher de penser que les événements étaient liés. La musique, l'inconnue, l'agitation de son père.

A part Mélanie Nuage, personne ne venait jamais leur rendre visite. Quoique la clairière abritant leur demeure soit plutôt grande, trouver le chemin menant au manoir n'était pas tâche facile. Aussi avait-elle été surprise d'entendre quelqu'un frapper lourdement à la porte principale. La nuit était tombée depuis longtemps et un orage tordait la cime des arbres avec violence. La pluie frappait la terre avec dureté, faisant gicler jusqu'aux cailloux, salissant les fleurs et les herbes odorantes, le tonnerre assourdissait jusqu'aux moindres pensées. 

Curieuse, Lucile était sortie de son lit. Désorientée, ses pensées flottants toujours dans le royaume des rêves, elle sentait à peine ses pieds nus contre la pierre rapeuse des escaliers. Elle n'avait plus qu'une dizaine de marches à franchir lorsque Poulpiquet, le valet de son père, s'était précipité dans l'entrée. Essayant de comprendre, elle avait regardé le petit être au corps tordu se battre avec obstination contre la lourde porte en bois aux portants en fer forgé. Le manoir disposait de plusieurs entrées, mais Lucile n'avait jamais vu cette porte ouverte. Poulpiquet lui avait dit un jour que personne n'en avait franchi le seuil après sa mère.