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Melanie

31 août 2012

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Melanie sits still. Her shiny hair’s all in the right places, there’s not a strand wandering. Melanie watches life and wonders. She doesn’t know how they do it: people wear themselves like coats; people wear themselves on the outside of themselves. They are not even aware that they show who they are, that they act contradictory to their words, that everything there is to know about them is available, on plain sight. Everybody is on the center of their own stage, craving for attention and yet unaware of the comedy they’re truly on. She’s sometimes shocked at how transparent they are and of how easy it is to read them.

They don’t know that they are vulnerable and ignorance makes them strong.

As far as she can remember, Melanie’s always taken great care of hiding herself very far and deep. From her earliest memories, Melanie’s been burnt to the core with this contradiction: you are precious and no one must know. She searched for the shadow, she created masks and facades, she learned to provide a blank face behind which she lived a thousand lives, unbeknownst to outsiders. She’s encoded herself with the information that she had to wait, that she should be patient. That one day, it would be safe to be she. No one told her when that day would come, when the wait should stop. She’s never had proper living instructions. She continued to walk her hidden paths, providing the world with a made up version of herself, never daring to reconsider her roads not taken.

Melanie thus looks like and empty doll. A very pretty doll, with not a strand of hair out of place.

Of the deafening wind in her mind, of her intense joys and sorrows, no one knows. Who could? Melanie feels like a disco ball that’s never been turned on. She can be deft and she can be clumsy, she knows hundreds of stories and jokes, some funny and some plain horrible, she can be classy and trashy, from one move to the other during her childhood, from town to town, customs to customs, Melanie learned to adapt, to switch, Melanie can be everything you’ve ever wanted and more. She can be your best friend and confident, she’ll be gone in a year and will start all over again. You will love her, and you will miss her, and she will live on, lonely even when dancing.

Her parents never noticed. They were so busy living, they were so busy taking care of her, and she on her side was too busy hiding… Sometimes, Melanie thinks she should see a shrink, find a way out of her own cell, but she’s too scared. Melanie likes being a disco ball, even if she’s off. A shrink would probably want to even her out, filling the holes and eroding asperities, she’s afraid therapy will turn her into a Christmas ball.

Now that she’s an adult, now that she’ doesn’t have to follow her parents around, Melanie doesn’t know how to live still. It’s becoming harder to keep her true self hidden deep, and yet she’s so scared of burning if she comes out of herself. Sometimes Melanie thinks that it could be liberating if she could wear herself like a coat. Fancy that. I mean, if she were to meet her soul mate, then she would have to learn or cry. Right? Because she is precious, and everyone should know.

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extraits d’ombre en lumière

20 juillet 2012

Avril était nos jours blancs : la lumière froide y perçait jusqu’à nous et transperçait durement nos rétines. Les ombres y étaient plus tranchées, en contrastes d’un blanc d’un éblouissant insupportable qui aplatissait les envies et exacerbait l’ennui. C’était une excuse parmi d’autres pour éviter les heures et sombrer dans la nuit : les couleurs y reprenaient forme, nous étions enveloppés de jaune et d’ocres virant au sépia. Les yeux grands ouverts, nous vivions, enfin, en attendant la fin du gel et l’allongement des jours.

 

Amandine est assise sur son lit, recroquevillée entre ses draps blancs mouillés de sueur, le corps en crampe. Elle ne bouge pas alors que le ciel tangue, vire du violet au noir et vibre de flashes insoutenables en écho du tonnerre. Tout à coup, sa chambre est immense et la maison si petite. La pluie résonne avec rage et ne s’apaise qu’au son de sa mère montant les escaliers. Avec elle, une lumière plus douce s’anime, tandis qu’elle s’assoie à côté d’Amandine et lui offre une tasse de lait chaud. Amandine boit et se détend. Ses draps sont changés, la lumière reste allumée et sa mère à côté d’elle.

 

L’air tremblait. La lumière polluée filtrait avec difficulté, se glissant péniblement le long des murs défraichis des immeubles. Accrochée tant bien que mal à son volant, Audrey peinait à garder la route. Il y avait quelque chose de tristement comique à la regarder s’évertuer à poursuivre son cap, comme si la possibilité  qu’elle atteigne sa destination  un jour pouvait exister, comme si elle pouvait s’affranchir de ses propres cercles dont elle arpentait les labyrinthes en constance.

 

Sa main timide s’avance. Elle crève l’ombre et sort vers la lumière. Peau blanche, doigts légers. Une grâce quasi bénie appelant aux larmes. La salle entière s’unit en un regard, un seul, tandis que son archet vibre les cordes et appelle au sens, le son au vent, la mémoire en frisson de ces sentiments enfouis qui revivent d’intensité. Il fallait beaucoup d’obscurité pour que cet éblouissement soit.

 

On ne voit de son visage que ce que l’ombre veut bien nous révéler. Posé sur l’oreiller, las mais souriant… La vie effleure à peine les courbes dessinées, ses pommettes hautes, sa bouche fine, ses sourcils qui pourraient s’envoler.

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Tintamarre

10 juin 2012

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Le temps s’enroule,

En vrille.

Oublie de ralentir.

La voix muette,

Tue le temps,

Tape les tympans.

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En attendant la suite

5 juin 2012

(et toujours, un lampadaire devant)

Dans son cœur s’égrainent des notes sombres et lentes cherchant la lumière. Elle s’inquiète de leur résonance faisant jusqu’à vibrer son âme, et du silence ensuite conduisant jusqu’aux larmes. Dans ses yeux, des gouttes de pluies et l’espoir d’un vent soudain, qui grâce à ses bourrasques ramènerait le calme. Dans ses mains le vide des armes, de l’attente et du rien.

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d’Ecriture et du Montmartre des Blogueuses

24 avril 2012

Grâce à ce blog, que je tiens depuis trois ans, j’ai pu travailler l’écriture, partager, faire de nouvelles rencontres… Les deux infos qui suivent vont donc bien ensemble, puisqu’elles parlent d’écriture, de blog, et… et de rencontres :

 

* Si ce blog est quelque peu en souffrance depuis plusieurs semaines, ce n’est pas sans raison : j’ai enfin (ENFIN!!!!!!) terminé un roman, qui est parti chez quelques éditeurs… Pour la suite on verra bien, arriver au bout de mes mots, raconter une histoire de bout en bout a été une aventure dont je suis fière, quelle que soit la suite. Très logiquement je suis en recherches d’idées pour un second, parce que publiée ou pas, l’écriture fera toujours partie de ma vie. Que les fan de Beloune désespèrent pas, ce sera ensuite mon prochain projet. :) Quoique ayant continué à écrire quasi-quotidiennement sur le blog des Glossolales, j’ai été moins studieuse ici : patience, une reprise ne saurait tarder…

 

* Le prochain Montmartre des Blogueuses a lieu ce soir 10 rue Saint Martin à côté de la Tour St Jacques. Le RV est à 18h45… avec un direct de France 3 à partir de 19H00 : venez nombreuses, les infos pratiques sont sur le blog de Polluxe.

 

A très bientôt!!!

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Extraits lumineux en joie

18 mars 2012

Elle offre un visage radieux sur la scène. La lumière tombe sur elle et l’enveloppe, s’imprègne de sa douceur et s’élance sur sa voix profonde pour se poser, enfin, au creux de l’âme des spectateurs. C’est un instant unique, qui se figera dans l’esprit d’Hélène, comme une source de joie tranquille au sein de laquelle puiser lors d’instants de vie plus sombres.

* * *

Elle se glisse contre lui en silence sous les draps, se niche contre sa chaleur et s’endort, un bras enroulé autour de lui et le souffle paisible.

* * *

Elle essaie d’occulter la lumière qui coule, ce grand aveuglement des sens tant l’intensité de l’émerveillement est fort. Il serait plus facile de rester la porte fermée, de décider de rester prostrée sur une existence simple et dénudée de sens. Vivre, réellement, intensément, c’est difficile.

* * *

Sophie se sent légère comme une bulle qui s’élèverait dans les airs. Bras repliés autour de ses genoux, elle admire le vent sur l’herbe verte encore mouillée alors que le soleil sort timidement de derrière les nuages. Ses poumons enflent d’une paisible tranquillité, son visage se tourne vers l’avant, les yeux ouverts et heureux. Comme la fin d’un orage, une page est tournée et elle avancera, certainement. Mais pour l’instant, l’immobilité de ce paysage lui suffit tandis qu’en elle un chant rayonne.

* * *

Fathia pouffe sous la table. Autour d’elle les plis de tissus ondulent jusqu’au sol, c’est à peine si elle devine les ombres courant à pas de loup autour de la pièce. A côté, les adultes dansent, chantent, se perdent dans un brouhaha de fête. Il ne faut surtout pas se faire prendre. Elle se roule en boule, immobile, ses cheveux frisés tapissent le sol alors que ses yeux tentent de deviner l’extérieur par la fente entre le tissus et le parquet. C’est une partie de cache-cache. Celui qui s’y colle arrive enfin vers elle et soulève la nappe, le cri rieur et les mots triomphants : A ton tour!

 

 

 

Ces paragraphes sont issus de ma contrainte quotidienne sur le blog du Convoi des Glossolales. Je vous invite à y découvrir de talentueux auteurs.

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Rosalie ne connaît pas le son de sa voix

9 mars 2012
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Les mots s’abattent sur Rosalie en une avalanche brutale. Il n’y a pas d’issue possible, pas d’alternative. Elle laisse les cris fondre sur elle, le son siffle l’air, franchit l’espace à en égratigner sa peau et ronger sa confiance en elle. La voix qui la domine résonne rageusement, chaque virgule creuse un bleu sur son âme et chaque point défonce l’espoir.

Rosalie ne sait pas : la douceur d’une respiration entre un chant amoureux, le ronronnement des câlins doux maternels, le réconfort d’un rire chaleureux.

Son âme se blottit en elle, Rosalie aimerait se réfugier dans le noir, trouver l’oubli d’un coin de la cuisine, se réfugier sous la table, dresser des murs entre la voix et elle, interposer des objets faute de distance.

Lorsque la voix enfin se tait, les mots restent. Lire le reste de cette entrée »

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extraits irrémédiables

2 mars 2012

Cette journée est passée si vite, Sophie regarde par-dessus son épaule sans comprendre. Ce matin elle cirait ses chaussures blanches avec application, dans la joie et l’angoisse des moments à venir. Et ce soir, elle arrache les épingles de son chignon avec frénésie, n’ayant d’autre hâte que de trouver un sommeil réparateur. On l’avait prévenue… Le jour de son mariage, tout le monde en profite. La mariée, elle, doit attendre d’avoir les photos de l’événement pour comprendre ce qu’il s’est passé.

* * *

Ce soudain silence dans sa vie la déconcerte. L’apaisement attendu se refuse à elle, les sens en alerte elle ne comprend pas. Elle se souvient de la cohue, du bruit, de l’énervement agacé qui devenait le sien, et pourtant aujourd’hui elle sombre dans le vertige assourdissant de l’inexistant. Il n’y a plus de cris, de portes qui claquent, plus de disputes, ce néant la glace elle ne parvient à s’y faire. Doucement, elle réapprend le manque.

 

 

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naissance d’un jour

25 février 2012
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A la lumière de l’ombre

J’ouvre les yeux sur le monde

Etonnée,

Emerveillée.

 


A l’ombre de la lumière,

Eblouie,

J’oublie les heures

 

Sombres


Les jours sans contraste

Les expositions longues



 

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Je t’aime version Geek

20 février 2012

:-)

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