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After the long morrow

16 novembre 2015

The days have gone by one by one, faded dawns replacing it’s preceding sisters, each morrow so long and sad, a tern succession of blurred obligations fulfilled in a dizzy automated stance, any excuse being good enough, fears chasing time, filling every hour with noise because in stillness were thoughts, the cold harsh reality of things that are.

Because the dark had gone and light was too violent, because I needed the protections of shadows, of compromise, because I wasn’t strong enough to face today, because there is always the promise of the day after tomorrow.

And so, here we are.
What I did not know of your games, I could guess.
I know all your changing stories, all your conflicting truths, the cold calculation of your smile paired with your eyes lacking warmth, the deliberate choices that brought us where we were, where we are. I have fought the winds of flux, the unease of wanting to avoid the inevitable, I so desperately wanted to think that something redeemable lies dormant in everyone.
Isn’t everything about waking up.

There is no sadness, no pity, I do not hurt. I will not miss you.
It took a while before the curtain lifted high enough, before the light around me had so grown that I could not remain blind any longer. Even then… I was in no hurry to confront the chess game I knew existed beneath my feet, the arena at the center of which you had made me piece of.

Why doesn’t matter. I knew.

Because I didn’t want to see for so long, I enabled the slow  and inevitable erosion of my will, because I let it go once, then twice and thrice, because I didn’t take a stand, I locked myself in a pattern.

There is nothing in what you did to me that I didn’t let you do.

Until I was in tomorrow and the day after, until things could be no more. Until I let you go.
I thought the fire had gone, too, I felt so cold, I thought I would need to climb mountains to find myself again… I had lost faith in the sparkle that will always dance in my heart, in the love that my kindreds will always give to me unconditionally. In the gardians that look over my shoulder and protect me in the strangest of ways.

I am loved and I have worth, I didn’t need to manipulate or walk on anyone to get where I am: I do not have anything to prove, my path is walked on my own terms and today, I get to decide where I want to go, and who I will go there with.

Good bye you, all of you, my dark shadows, my drains, you who held power over me and missused it knowingly, you who thought you could make me into something I’m not.

I am me, I am free, and I’m definitely enjoying the ride.

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I have switched to the other side: it’s peaceful there

11 mai 2015

In the land of remembrance, there’s a song whispering in my ear. In the forgotten memories, there’s light, love, loss, tears, there’s life.

There’s a taste of bitter, sweet… today I know all the answers to yesterday’s angst, today I know to let go of the past and to look forward to the best from the future, yet all the while knowing that the worst may still come.

Let it be. I will survive.

Today there are regrets of things undone, of things unlived, today I can say that I should have ran, I should have escaladed barriers and jumped over cliffs. I still can, it’s not too late. Today I can look forward to tomorrow.

Today I know that there’s a true meaning to clichés, they didn’t create themselves out of thin air in someone’s overflowing’s imagination, clichés have their reasons to be and yes, we only have one life, so, what are you going to do with yours ?

There’s no point in looking back except for strength, in order to find the serenity to accept what cannot be changed, the courage to change what can be changed, and the wisdom to know the one from the other. We need to climb our own mountains; we have to tear down our private walls, and we shall overcome if we believe in ourselves.

 

We truly and always have held all the answers within ourselves.

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Thé en madeleine de Proust

4 mai 2015

ThéièreElle aime se fondre en contemplation à l’intérieur de sa théière. A force d’y oublier son Earl Grey, une patine ambrée s’y est déposée qu’aucun traitement au vinaigre ne saurait effacer, un doré de Rhum paille ou de Cognac, strié des rayures de la cuillère à thé et dont les irrégularités font penser à une carte au trésor, une carte de vie enfermée dans une théière en étain bosselé, héritage cadeau de mariage, à l’esthétique des années sixties, choisi au Printemps par une sorte de rébellion conservatrice et puisqu’il fallait dire oui au métal, à défaut de Cambronne elle a dit non aux modèles Sheffield. Elle était jeune. Elle avait le temps de lutter.

Les années épuisent ses propres paradoxes. Elle signe enfin un pacte de non agression envers elle-même, son pathos, ses névroses et ses ancêtres. Reproduisant absentément les gestes de ses aïeules, et après s’être tant cramponnée aux symboles — les siens et ceux des autres — elle choisi l’essentiel, laisse glisser ce qu’elle ne peut changer, se dépouille de ses contradictions et de ses angoisses. Elle lâche le spleen et largue les amarres pour voguer à la rencontre de ce qui est.

Chauffer l’eau, la théière, préparer les tasses et attendre. Verser, attendre encore. Fermer les yeux et humer le passé de l’enfance, le rappel rassurant de l’immuable, en quiétude de l’impuissance : lorsqu’on sait qu’on ne peut rien, qu’on accepte sa limite, alors les doutes disparaissent, alors l’adversité se soumet à vous.

Les marques cuivrées ne sortent de l’obscurité que lorsqu’elle s’y penche, qu’elle bascule vers la lumière et laisse la lumière inonder l’ombre. En ressortent ces dessins énigmatiques qui pourraient être des cicatrices, des histoires enfouies aussi belles que nostalgiques, encore parfois humides de larmes invisibles qu’elle refuse autant que les femmes avant elle de laisser couler. Ses racines plongent profondément dans les entrailles d’une terre compacte, d’une humanité sacrifiée « au service de » tout ce qui n’est pas elle. Elle a tracé une voie sur la carte, sans boussole, bousculée par des vents contraires, elle s’est arque-boutée à contre courant jusqu’à atteindre son île salvatrice.

Une part d’elle est un corps terrassé et l’autre est une enfant blonde sur une plage en méditerranée. Elle est ici et ailleurs, elle est tout.

Ξανθούλα χορός μεταξύ των κυμάτων

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« Encre » sur Kindle

28 février 2015

C’est un petit pas de franchi, à défaut de papier un écran…
Ma nouvelle « Encre » est sur Kindle. elle est née il y a 12 ans et vous attend.

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sourire avant l’envol

10 février 2015

Par la fenêtre, un souhait voilant à peine le feu du jour naissant. Un vent en appel, une envie de pieds nus sur l’herbe fraîche et mouillée, de pas légers en danse vers l’insouciance et vers la mer mystérieuse et envoutante encombrant les rochers.

Dehors est là. Il suffit de tendre la main, de se lever et d’avancer. D’ouvrir les portes, de franchir la distance devant soi.

Ailleurs est à suivre où les yeux se portent, la raison l’emporte, le cœur s’envole.

Elle songe à Grain d’Aile… un sourire les yeux fermés, une inspiration aux odeurs de l ‘enfance.

Tout ira bien.

Les étourdissements sont loin, ses pieds sont ancrés, la suite est si incertaine et pourtant résonne en elle un mantra en anglais « trust the universe ». Les mains ouvertes, l’âme en résonnance, les sens en alerte, prête à tout mais pas à n’importe quoi, le deuil des impossibles assumé, elle s’élance avec précaution, elle s’abandonne par choix, elle ose et part affronter les flots, son embarcation préparée, ses vivres stockés, enveloppée d’un gilet de sauvetage, les yeux sur sa boussole et sur un brin de laine marquant la voile et témoin des bourrasques en approche, les yeux brûlés à guetter les risées, les mains résolues à tenir le bout, les doigts agiles venant à bouts des détails de l’accastillage, tout cela en une seconde, Grain d’Aile posée sur le gréement pour aider à la manœuvre, quel doux rêve, quelle belle parenthèse à faire soi, la mer et le vent et d’autres pas et d‘autres mains à côté d’elle, ne pas être seule à tendre vers la lumière, rejoindre un regard vers l’avant, ouvrir les yeux par delà la fenêtre et regarder l’ailleurs dehors en attente.

Une brise inaudible joue contre un battant de porte. Un soupir penche son corps. Aujourd’hui, le passé ne la retiendra pas. L’été résonne par delà le vent dans la fenêtre qui se faufile entre les voiles pour se perdre sur les murs. Les fleurs bruissent en murmures. Doucement.

Dans son cœur s’égrainent des notes sombres et lentes cherchant la lumière. Elle s’inquiète de leur résonance faisant jusqu’à vibrer son âme, et du silence ensuite conduisant jusqu’aux larmes. Dans ses yeux, des gouttes de pluies et l’espoir d’un vent soudain, qui grâce à ses bourrasques ramènerait le calme. Dans ses mains le vide des armes, de l’attente et du rien.

Il serait plus facile de rester la porte fermée, de décider de rester prostrée sur une existence simple et dénudée de sens. Vivre, réellement, intensément, c’est difficile. La vie est un long chemin vers soi. Certains se trouvent plus vite que d’autres, ils peuvent ainsi avancer vers nous et nous tendre la main dans notre progression balbutiante. Lentement, au fil des jours, des choix se font, des chemins se forment, jusqu’à ce qu’on soit prêt, jusqu’à ce qu’il soit temps.

Il est temps.

Demain sera un matin rouge en réveil serein. Demain sera fou et alignera des messages d’amour. Demain Belou saura, peut-être, ou décidera, en tout cas elle sera.

Il suffit qu’un regard bienveillant se porte sur nous et nous donne existence pour que tout prenne sens.  Pour que l’on ose ailleurs.

 

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Sous la lumière de l’ombre

1 février 2015

C’est un soir parmi d’autres.

Dans la routine des jours, elle a oublié.

Dans l’absence. L’inexistence d’une présence.

Assise, les mains à plat sur la table cirée en bois sombre. La nuit percée par la lampe au-dessus d’elle qui ne suffit pas à éclairer toute la pièce.

Elle respire.

Les yeux fermés, tendue vers le vide, un sourire.

Entre l’avenir et elle, un ravin. Elle s’est posée à la limite, regardant de l’autre côté, sans savoir encore quand exactement ni comment elle atteindra l’autre bord.

En face, un champ de fleurs possibles, la mer chargée de vents, une fenêtre ouverte sur un jardin en friche, des vêtements épars sur le sol, les rires des enfants portés par la brise, du linge sur un fil derrière la maison, l’odeur du romarin se dégageant du four ronronnant à l’aube de repas animés.

Elle inspire, bloque, expire en ouvrant les yeux sur la solitude de sa cuisine.

Le silence l’accompagne en sortie de rêverie.

Il fait un peu froid, dans cette nuit à l’ombre compromise par la lune pleine surplombant quelques nuages qui n’oseraient la cacher. Dehors, rien ne bouge. L’immobilité des choses n’est troublée que par quelques résonnances, une voiture en retard, un grincement de porte, quelques chats entrechoquant des poubelles.

La solitude est une présence familière et, singulièrement, elle ne se sent jamais seule. Une âme bat, non loin d’ici et pourtant en arrachement de distance. Un cœur, une âme, un regard.

Des cœurs, des âmes, des regards.

Sa vie est pleine.

Ils sont là.

Elle ne sait pourquoi. D’autres âmes se sont attachées à elle. Des amitiés inattendues, des partages en dons désintéressés, des lumières qui se trouvent et se renforcent. Elle se sent humble et bénie, malgré sa laïcité elle ne trouve pas d’autre terme, elle sent une force bienveillante veillant sur elle, elle pense à toutes les femmes dont elle descend et les imagine unies et bienveillantes, penchée sur la terre et veillant sur les leurs. Elle envisage la vie au féminin malgré toutes les indignités dont ses sœurs saignent et meurent.

Le temps passe. La table est encore là, la cuisine autour d’elle survivant à la lumière vacillante, puis au-delà un couloir donnant sur un salon, une entrée, deux chambres et un bureau et une salle de bain, enfin. Son appartement est en enfilade, en élongation étroite et alambiquée et pourtant, elle l’aime.

Elle pourrait rester longtemps, ainsi, immobile et voyageant de par ses songes, bravant la fatigue et les réalités à venir. Aujourd’hui est une bulle de savon, aujourd’hui, on peut encore éviter de penser à hier et reporter le réveil des choses à demain.

Les choses à venir ne s’effacent pas, elles attendent patiemment, il est dans l’ordre établi qu’elles existent un jour et elles le savent et plutôt que de caracoler, elles trouvent leur portion d’ombre constante jusqu’à ce que la lumière soit.

Les mains, à plat sur le bois de la table, les pieds au bords de l’abime, le cœur en résonnance d’un univers ressentis et non appréhendé, elle n’est armée que de sa lumière, de sa certitude de l’à venir, des joies et des larmes souhaitées et attendues…

Jeune, elle s’était dit jamais moi, jamais ces cernes, ces compromis, jamais cette tristesse voilant la joie du jour, elle s’était jurée d’être aveugle plutôt que de pleurer. Aujourd’hui, elle sait, que les larmes peuvent jaillir du bonheur indicible de l’invisible silence d’une lumière si douce et intense, d’une certitude si entière et indiscutable, d’une ancre lancée dans un port permettant de se poser, une heure, un jour, une éternité, c’est à elle de voir.

Aujourd’hui, elle sait.

Il n’est jamais trop tard. Tant qu’un cœur bat. Tout est possible.

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Mute #JesuisCharlie

22 janvier 2015

je-suis-charlieEveryday’s routine, it goes on…

Time hasn’t stopped. Nothing’s changed and yet everything is different.

It’s the same winter cold hurting your hands and preventing the blood to flow, the same people tapping their feet in the bleak morning, waiting for the train to pull up, trying to wake up, trying to figure out reality from their dreams, the same clock telling you to get up, you sleep walk through the routine, you close your eyes under the water beating down your neck, your back, your face, you stand in front of your closet trying to figure out what to wear, cursing yourself for not planning ahead, yesterday you should have thought about tomorrow. You should have known. Someone should have known.

You’re not hungry. You never are before you leave but now your stomach hurts.

Nothing seems real anymore, everything hurts, even more than usual, if you wake up the numbness will stop and it can’t, how can you go on, how can you accept the routine, the minutes, the days, how can life go on… If you wake up you will start feeling and anger will rush in, with frustration and the deafening noise of things left unsaid.

Please tell me… how to look down in my child’s innocent eyes and explain.

Something happened.

You can’t wrap up your mind around it.

Somewhere in your head, there’s a young girl screaming that this isn’t right. If someone came into your home, if someone pushed the door and walked and spread terror, what then, how would you go on… You often get angry when your kids don’t lock the door, they feel so safe and confident, probably thanks to you, they are very curious and unafraid, you and your inner barriers admire that in them. Look, all these people dead Maman, look at those mad men, why Maman, can’t they take a joke? Poor them then. The adults are so intense and weird. It’s a pretty harsh way to disagree over a bad joke.

They bend their head solemnly; somehow they got it quicker than you.

This is what it feels like. This is what happened

Someone walked into your home and killed people you had never met, even though you knew all their names and faces, even thought you had read their work, laughed at some of their jokes and frowned over others. Some one walked over your soul and reminded you that nothing is forever, they showed you how hard it is to remain true to freedom, how much courage it takes to unabashly laugh in spite of or because of how absurd our world is.

You who won’t speak, you who knows so well how to love and embrace the present, today you can’t cry over what is nor over what will never be. You are mourning in silence, knowing things must change but not quite sure where to start.

They had so much joy and irony in them, still, they had so much to do, to draw, to speak of.

They have been robbed of a future and you feel like you have been robbed too, that something that wasn’t quite yours but that you felt you could claim as yours was ripped away.

Today’s routine is about whys an why nots, it’s about never knowing when you will be home, where exactly will people be so afraid that they will call in a bomb scare, the threat is unreal and only exists in themselves, to you everyone is a potential companion whether is be for 5 minutes or a lifetime, today is about trains going backwards and people trapped and scared, today is about walking endless hallways and finding a way home… and when you forget your phone, you are truly even more peacefully alone than usual.

Life will go on. People will heal, they will forget, blindness is so much more comfortable. There will only be a few, like you, waking up in the middle of the night to wonder and cry for the lost ones and the darkness in the ennemy’s souls, for, so you think, they must have endured hell on earth to hate so much that the only answer would be to walk into someone else’s home, cross the sacred threshold and shed blood. There is no redemption, there is no going back and you have no answer and so, in your own innocent loneliness, all you can do is walk the hallways in the cold and find your way home to hold your children.

And when you arrive, they will look at you and say:

– They are not lost, they are dicks.

And they will be right.